RCA : Faustin-Archange Touadéra dresse un bilan contrasté mais ambitieux de dix ans de gouvernance (2016–2025)
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Après près d’une décennie à la tête de la République centrafricaine, le président Faustin-Archange Touadéra a présenté un bilan de son action marqué par des avancées notables, mais aussi par des défis persistants, tout en projetant une vision stratégique à l’horizon 2040. Sécurité, justice, gouvernance, diplomatie et développement socio-économique figurent au cœur de ce bilan présidentiel.
Sécurité : la reconstruction de l’armée nationale au cœur de l’action
Arrivé au pouvoir en 2016 dans un pays plongé dans une insécurité généralisée, Faustin-Archange Touadéra a fait de la reconstruction des Forces armées centrafricaines (FACA) une priorité absolue. Grâce à des partenariats militaires et techniques avec la Russie, le Rwanda et l’Union européenne, les FACA ont été rééquipées, formées et progressivement redéployées sur l’ensemble du territoire national.
Selon le chef de l’État, cette stratégie a permis une réduction significative des zones sous contrôle des groupes armés, même si certaines poches de résistance subsistent encore dans des régions reculées.
Justice : restaurer l’État de droit et lutter contre l’impunité
Sur le plan judiciaire, le président Touadéra met en avant une série de réformes institutionnelles majeures. Celles-ci incluent la relance des sessions criminelles, la réouverture de l’École nationale de la magistrature, ainsi que la mise en place de la Cour pénale spéciale (CPS), chargée de juger les crimes graves commis durant les années de conflit.
Ces mesures s’inscrivent dans une dynamique de justice transitionnelle, visant à combattre l’impunité et à rétablir la confiance des citoyens dans l’État de droit.
Gouvernance : décentralisation et transparence, malgré des critiques persistantes
En matière de gouvernance, le chef de l’État souligne les efforts consentis pour renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques, notamment à travers la digitalisation des procédures budgétaires et fiscales.
La décentralisation administrative a également été encouragée, avec la création de nouvelles préfectures et la nomination de préfets civils. Toutefois, des voix critiques continuent de dénoncer la persistance de la corruption et le manque d’indépendance de certaines institutions publiques.
Politique étrangère : diversification des alliances stratégiques
Sur le plan diplomatique, Faustin-Archange Touadéra a opéré un rééquilibrage stratégique de la politique étrangère centrafricaine. La RCA a renforcé ses relations avec la Russie, la Chine et les pays du Golfe, tout en maintenant ses partenariats historiques avec la France, l’Union européenne et les Nations unies.
Cette diplomatie de diversification vise à élargir les sources de soutien militaire, économique et technique, dans un contexte de recomposition géopolitique en Afrique centrale.
Développement socio-économique : infrastructures et services sociaux
Le gouvernement a lancé plusieurs projets d’infrastructures routières, énergétiques, sanitaires et éducatives, financés en grande partie par des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Le Programme national de développement 2024–2028 prévoit des investissements structurants dans l’éducation, la santé et l’agriculture, avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes.
Économie : une croissance fragile mais résiliente
Sur le plan économique, la RCA enregistre une croissance modeste mais résiliente, portée par la reprise des activités minières, agricoles et commerciales. Toutefois, la pauvreté demeure endémique, et la dépendance à l’aide extérieure reste forte.
Le budget 2026, adopté à hauteur de 368 milliards de FCFA, traduit la volonté des autorités de maîtriser les dépenses publiques tout en renforçant la mobilisation des ressources internes.
Vision 2040 : bâtir une RCA stable, émergente et souveraine
Au-delà du bilan, Faustin-Archange Touadéra projette une vision ambitieuse à l’horizon 2040, articulée autour de trois piliers stratégiques :
- Sécurité durable : une armée professionnelle et un territoire définitivement pacifié ;
- Émergence économique : industrialisation, transformation locale des ressources et intégration régionale ;
- Société inclusive : accès universel à l’éducation, à la santé et à la justice.
Entre réalisations concrètes et défis structurels, ce bilan de dix années de gouvernance illustre une trajectoire faite de résilience, de choix stratégiques assumés et d’ambitions de long terme, dans un pays toujours en quête de stabilité durable.
Par Rodrigue Izumo

