Cameroun : Trafic d’organes dans l’Ouest : un réseau démantelé après un meurtre macabre

 

L’affaire avait commencé par un crime d’une rare violence. Le 13 mars dernier, le corps sans vie de Karel Stella Yankam était découvert près de Bandjoun, décapitée. Ce n’était que la partie émergée d’un vaste trafic d’organes humains que les gendarmes de la région de l’Ouest viennent de démanteler.

L’enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie, a très vite conduit à l’interpellation d’un couple installé à Banencan : Jean Bourgeois-Guardio et Estelle Fongang, tous deux suspectés d’être les auteurs directs du meurtre. Mais les investigations ont révélé un mobile encore plus glaçant. Selon les premiers éléments de l’enquête, un commanditaire identifié comme Asimou Mohamed leur aurait promis la somme colossale de 100 millions de francs CFA. En échange, il exigeait les yeux de la jeune femme.

Lors d’une perquisition menée dans la maison du couple à Banencan, les militaires sont tombés sur un macabre entrepôt : cinq crânes humains soigneusement conservés ainsi que plusieurs ossements ont été saisis. La découverte a confirmé ce que les enquêteurs soupçonnaient déjà : ils ne faisaient pas face à un crime isolé, mais à un véritable réseau de trafic d’organes structuré, opérant dans les zones périurbaines et rurales de la région.

Les trois suspects – le couple et le présumé commanditaire – doivent être déférés devant le parquet dans les prochains jours. Les autorités locales appellent désormais la population à une plus grande vigilance. « Nous invitons nos concitoyens à signaler tout comportement suspect, en particulier dans les zones isolées », a déclaré un officier de gendarmerie sous couvert d’anonymat.

L’enquête se poursuit pour déterminer s’il existe d’autres complices ou d’autres victimes encore non identifiées.

Par Georges Domo

Commentaires Facebook