Afrique : Sécurité : le Tchad engage 1 500 soldats en Haïti pour une mission de l’ONU
Le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a officiellement informé le Parlement, ce lundi 20 avril 2026, du déploiement de 1 500 soldats tchadiens en Haïti. Cette participation s’inscrit dans le cadre de la mission multinationale autorisée par la résolution 2795 du Conseil de sécurité des Nations unies, visant à lutter contre les gangs armés qui déstabilisent le pays caribéen.
Devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en séances solennelles, le Chef de l’État, par la voix des présidents Ali Kolotou Tchaïmi et Dr Haroun Kabadi, a réaffirmé l’engagement historique du Tchad en faveur de la paix et de la sécurité internationales. Une tradition qui prend aujourd’hui un nouveau tournant avec l’envoi d’un contingent d’envergure à près de 10 000 kilomètres des frontières nationales.
Une réponse à une sollicitation des Nations unies
Ce déploiement n’est pas anodin. Il fait suite à une demande expresse des Nations unies, qui ont sollicité le Tchad en raison de son expérience avérée sur les théâtres d’opération africains. La résolution 2795, adoptée le 30 septembre 2025, prévoit la création d’une force multinationale de répression des gangs en Haïti, pays plongé dans une grave crise sécuritaire et humanitaire.
L’effectif total de cette force est fixé à 5 500 hommes. Le Tchad y contribuera à hauteur de deux bataillons de 750 éléments chacun, soit 1 500 soldats. Un premier contingent de 400 hommes est déjà déployé sur le territoire haïtien, selon le message présidentiel.
La mission, d’une durée initiale de douze mois à compter d’avril 2026, a pour objectif de soutenir les autorités haïtiennes face aux gangs armés qui contrôlent de larges pans du territoire, paralysent la vie économique et terrorisent les populations civiles.
Un engagement de longue date au service de la paix
Avant d’annoncer cette nouvelle contribution, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a tenu à rappeler l’engagement constant du Tchad sur la scène internationale. Le pays, qui accueille par ailleurs des milliers de réfugiés fuyant les conflits dans les pays voisins, a déployé ses forces dans plusieurs opérations de maintien de la paix :
· En Afrique centrale et de l’Ouest : République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Mali, Cameroun.
· Dans la lutte antiterroriste régionale : Force multinationale mixte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, initiatives du G5 Sahel et forces mixtes avec les pays voisins.
Le Chef suprême des armées a rendu un hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité tchadiennes, saluant leur professionnalisme, leur courage et leur sens du devoir sur tous les théâtres d’opération.
Un cadre constitutionnel strictement respecté
Au-delà de l’aspect opérationnel, ce message présidentiel revêt une importance institutionnelle majeure. Conformément à l’article 96 de la Constitution tchadienne, le Chef de l’État a l’obligation d’informer les deux chambres du Parlement de tout engagement des forces armées à l’extérieur du territoire national.
En adressant ce message, lu solennellement devant les députés et les sénateurs – qui se sont levés, selon le protocole, au son des instruments de la fanfare –, le Président de la République a sollicité le soutien des institutions parlementaires pour accompagner l’action des soldats tchadiens en Haïti.
Une tradition de solidarité internationale
Dans sa conclusion, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a réaffirmé l’attachement du Tchad aux valeurs de paix, de solidarité et de coopération entre les nations. Il a lancé un appel à l’unité nationale autour de ces idéaux, estimant que ce déploiement s’inscrit dans la tradition de générosité et d’humanisme du peuple tchadien.
Pour le Tchad, pays sahélien souvent confronté à ses propres défis sécuritaires, cette mission en Haïti représente à la fois un honneur et une responsabilité. Elle confirme la reconnaissance internationale de ses forces armées, tout en posant la question des moyens et de la préparation logistique pour une opération aussi éloignée des bases nationales.
Par Mbaikoula Philippe

