RDC: Le Tchad à l’honneur au FISCO 2026 : M’RES portera les couleurs du pays à Lubumbashi

 

L’artiste slameur tchadien M’RES de son nom d’état civil Mbainaissem Sergea été officiellement sélectionné pour représenter son pays à la prochaine édition du Festival International de Slam Poésie du Congo (FISCO 2026). Rendez-vous est pris du 20 au 25 avril à Lubumbashi, en République démocratique du Congo, pour ce qui s’annonce comme un carrefour majeur des arts oratoires africains.

Derrière cette annonce se dessine une ambition plus large : celle d’un Tchad qui, à travers ses artistes, revendique sa place dans l’écosystème culturel international. Loin des clichés et des difficultés structurelles souvent associées au secteur, c’est un pays en mouvement que M’RES incarnera sur les planches de Lubumbashi.

La participation de l’artiste s’inscrit dans le cadre de l’appel à mobilité de l’Institut français du Tchad, un programme stratégique destiné à lever les barrières géographiques et financières pour les acteurs culturels des pays du Sud. Grâce à ce soutien, M’RES bénéficiera d’un accompagnement logistique et financier lui permettant de prendre part aux différentes activités du festival : performances scéniques, ateliers de formation et rencontres professionnelles.

Ce dispositif, de plus en plus prisé par les artistes francophones, a déjà permis à des dizaines de slameurs, musiciens et comédiens d’exporter leurs œuvres au-delà de leurs frontières. Pour le Tchad, encore sous-représenté dans les grandes manifestations culturelles continentales, cette mobilité est une bouffée d’oxygène.

Le FISCO, un laboratoire de la parole engagée

Créé il y a plusieurs années, le FISCO est bien plus qu’un simple festival. C’est un espace de respiration pour la poésie urbaine, un lieu où le slam cesse d’être une performance isolée pour devenir un outil de dialogue, de critique sociale et de construction collective. Chaque édition attire des artistes venus d’Afrique, d’Europe, des Amériques et des îles de l’océan Indien.

Pour M’RES, dont les textes abordent souvent des thématiques comme la résilience, la jeunesse, l’identité ou encore les pressions du quotidien en milieu urbain tchadien, ce festival représente une occasion unique de confronter sa parole à d’autres esthétiques et d’enrichir sa pratique. Il pourra également tisser des liens avec des programmateurs, producteurs et autres slameurs confirmés.

Une représentativité à consolider

Si la sélection de M’RES est une excellente nouvelle pour le Tchad, elle souligne aussi un défi de fond : comment structurer durablement la filière slam dans le pays ? Aujourd’hui, rares sont les scènes dédiées, les résidences d’artistes ou les politiques publiques de soutien à la création orale. La réussite d’un artiste comme M’RES ne doit pas rester un cas isolé, mais servir de levier pour inspirer des vocations et sensibiliser les autorités culturelles nationales.

En attendant, c’est avec fierté que le Tchad verra l’un de ses enfants fouler les planches de Lubumbashi. Porté par une plume incisive et une présence scénique remarquée, M’RES a désormais rendez-vous avec l’Afrique des mots.

Par Kenzo Brown 

 

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