Afrique du Sud : Affaire Kémi Seba : nouveau renvoi au 29 avril, la demande d’extradition divise

 

L’activiste panafricaniste Kémi Seba, arrêté la semaine dernière en Afrique du Sud, a vu sa détention provisoire prolongée jusqu’au 29 avril 2026. Lors de son audience ce lundi à Pretoria, c’est la question de son extradition vers le Bénin, où il est recherché pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État », qui a suscité des versions contradictoires.

Comparu devant le tribunal régional de Pretoria, Kémi Seba (de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi) est poursuivi pour des faits locaux : il est soupçonné, avec quatre autres personnes dont son fils âgé de 18 ans et un certain François van der Merwe, d’appartenir à un réseau facilitant l’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Selon l’accusation, le groupe aurait eu pour projet de rejoindre l’Europe par cette voie clandestine.

À l’issue de l’audience, les cinq prévenus ont été maintenus en détention préventive jusqu’au 29 avril, date à laquelle le tribunal examinera une éventuelle demande de mise en liberté sous caution.

L’extradition, point de divergence

Si l’affaire des passeurs était au cœur des débats, l’ombre du mandat d’arrêt international émis par le Bénin planait sur la procédure. Cotonou réclame l’extradition de l’influenceur anti-occidental, poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour des faits d’apologie de crime contre la sûreté de l’État.

Sur ce point, les informations divergent. Me Juan Branco, avocat de Kémi Seba, a affirmé sur sa page Facebook que « la demande d’extradition n’a pas été considérée comme recevable et a été rejetée par la Magistrate’s Court de Pretoria ».

Une version immédiatement contredite par les autorités judiciaires béninoises. Lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi du lundi 20 avril, le procureur spécial près la CRIET, Elonm Mario Metonou, a précisé qu’aucune requête en extradition n’avait encore été formellement soumise aux autorités sud-africaines.

« La demande d’extradition du Bénin n’a pas encore été soumise. Elle s’inscrit dans le cadre des conventions multilatérales auxquelles la République du Bénin et la République d’Afrique du Sud sont parties. Il s’agit d’une procédure essentiellement judiciaire, préparée, transmise et examinée par les autorités judiciaires de l’État requérant et de l’État requis », a-t-il déclaré.

Selon plusieurs sources, deux ministres béninois auraient été dépêchés à Pretoria pour superviser les aspects diplomatiques de ce dossier. La justice sud-africaine, de son côté, poursuit ses vérifications sur le statut migratoire des ressortissants béninois impliqués, ainsi que sur leurs adresses sur le territoire sud-africain.

L’affaire, qui mêle désormais des accusations de criminalité transnationale et une demande d’extradition politiquement sensible, devrait connaître son prochain rebondissement le 29 avril, date à laquelle la question de la liberté sous caution sera examinée.

Par Rodrigue Izumo 

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