Cameroun : Droit de Réponse : Conflit associatif chez les Moundang : l’UCM sort du silence et revendique une union transfrontalière « irréversible »

 

La communauté moundang, présente de part et d’autre de la frontière camerouno-tchadienne, est secouée par une vive polémique associative. En réaction à des critiques émanant d’un prétendu « conseiller spécial » de l’association Gbe-Zah, l’Union Culturelle Moundang (UCM) oppose une mise au point cinglante, rejetant les accusations de précipitation et dénonçant l’inexistence statutaire de son détracteur.

Les racines d’un différend communautaire

Depuis plusieurs semaines, les tensions montent au sein des organisations représentant le peuple moundang. À l’origine du litige, l’Union Culturelle Moundang (UCM), qui milite activement pour un rapprochement transfrontalier entre les Moundang du Cameroun et ceux du Tchad. Cette ambition, jugée « prématurée » par certaines factions de l’association Gbe-Zah, a suscité des déclarations acerbes attribuées à un « conseiller spécial » de cette dernière.

L’UCM a finalement décidé de briser le silence par un communiqué officiel signé de son responsable de la communication, Martin Poulibe. Loin d’une simple réponse, ce texte constitue une charge en règle contre ses détracteurs, dont la légitimité même est remise en cause.

Droit de réponse intégral de l’Union Culturelle Moundang (UCM)

DROIT DE RÉPONSE

L’UCM : Un souffle de maturité et d’unité pour le peuple Moundang

COMMUNIQUÉ.

Face aux récentes déclarations émanant du « conseiller spécial » de l’association Gbe-Zah, l’Union Culturelle Moundang (UCM) brise le silence. Dans une mise au point ferme, l’organisation clarifie sa vision et récuse les accusations de précipitation, tout en pointant du doigt les irrégularités statutaires de ses détracteurs.

Une maturation née de la Déclaration de Léré :

L’idée d’unir les forces Moundang par-delà les frontières n’est ni un coup de tête, ni une improvisation. Pour l’UCM, il s’agit de l’aboutissement d’une réflexion profonde initiée lors de la Déclaration de Léré (FinZam 3). Contrairement aux critiques de « légèreté », la méthode UCM repose sur une concertation élargie.

« Prétendre qu’il y a précipitation alors que le besoin d’unité est criant depuis des décennies est un contresens historique », martèle l’organisation, qui définit sa démarche non comme une dissidence, mais comme une évolution respectueuse des traditions et des réalités administratives modernes.

La culture au-delà des frontières :

Sur le terrain juridique, l’UCM recadre le débat concernant la souveraineté. L’argument selon lequel une union transfrontalière empièterait sur la diplomatie d’État est jugé comme une « lecture erronée du droit associatif ». Pour le mouvement, la promotion de l’identité Moundang entre le Cameroun et le Tchad est un devoir de fraternité qui s’exerce dans le strict respect des lois républicaines, sans jamais se substituer aux prérogatives régaliennes.

Légitimité et actions concrètes :

L’UCM se veut un mouvement inclusif, loin des querelles de personnes. « L’UCM n’appartient à aucun individu, mais à tous ceux qui se reconnaissent dans le cri de ralliement MOUNDAN VON’NO », précise le communiqué. L’organisation refuse de se laisser enfermer dans des débats sur les affiliations passées, préférant privilégier les actions concrètes pour la sauvegarde du patrimoine commun.

L’ombre d’un anonymat qui ne dit pas son nom :

Le point le plus saillant de cette mise au point concerne la forme des attaques subies. Après vérification des textes issus de l’Assemblée Générale de Gbe-Zah, l’UCM révèle que le poste de « Conseiller Spécial » cité par la partie adverse est statutairement inexistant.

Pour l’UCM, s’exprimer sous un titre fantaisiste s’apparente à une forme d’anonymat incompatible avec les valeurs de la communauté : « Chez nous les Moundang, la noblesse du débat exige d’avoir la force d’assumer son identité et ses écrits. La vérité ne se cache pas derrière des fonctions de façade. »

Une marche irréversible :

En guise de conclusion, l’UCM réaffirme sa détermination à transformer le scepticisme ambiant en « énergie bâtisseuse ». Malgré les tentatives de discrédit, le mouvement reste focalisé sur son objectif de reconstruction et d’unité.

Par Martin POULIBE
RESCOM UCM

une charge frontale contre « l’anonymat » et un appel à l’unité dire autrement

En pointant l’inexistence statutaire du poste de « conseiller spécial » au sein de Gbe-Zah, l’UCM porte un coup direct à la crédibilité de ses contradicteurs. Selon elle, s’exprimer sous un titre non prévu par les textes revient à se retrancher derrière un voile d’anonymat, ce qu’elle juge incompatible avec les valeurs de transparence et de sincérité du débat communautaire.

« La vérité ne se cache pas derrière des fonctions de façade », assène le communiqué, une formule qui résume à elle seule la stratégie de l’organisation : disqualifier moralement l’interlocuteur pour mieux évacuer le fond des critiques.

Par ailleurs, l’UCM réaffirme avec force son ancrage transfrontalier, un positionnement délicat dans une région où les souverainetés nationales restent un sujet sensible. Elle se défend vigoureusement de toute velléité d’ingérence dans les affaires des États, plaidant pour une simple promotion culturelle qui respecte scrupuleusement les cadres juridiques en vigueur.

Une unité proclamée, des fractures persistantes

L’UCM se veut inclusive et tournée vers l’action concrète. « L’UCM n’appartient à aucun individu, mais à tous ceux qui se reconnaissent dans le cri de ralliement MOUNDAN VON’NO », insiste le texte. Une manière de se poser en héritière légitime des aspirations unitaires de la communauté, tout en renvoyant ses détracteurs à leur supposée incapacité à dépasser les querelles de personnes.

Reste à savoir quel écho rencontrera cette mise au point au sein de la base moundang, partagée entre la nostalgie d’une unité retrouvée et les réalités politiques et administratives qui cloisonnent leur territoire. Si Gbe-Zah décidait de répliquer, le risque d’une escalade verbale préjudiciable à l’image de la communauté est bien réel.

En attendant, l’UCM affiche sa détermination : sa « marche » vers l’unité est déclarée « irréversible », avec ou sans ses opposants.

Par Kenzo Brown 

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