Niger : Ali Lamine Zeine lance les collèges scientifiques, un pari pour la souveraineté économique

 

Le vent de la science a soufflé sur le CEG 5 de Niamey ce samedi 2 mai. Le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a officiellement donné le coup d’envoi des travaux de construction de collèges scientifiques dans trois régions clés du pays : Niamey, Tahoua et Zinder. Une cérémonie sobre mais chargée de sens, en présence de plusieurs membres du gouvernement, des autorités administratives et des partenaires du secteur éducatif.

Objectif affiché : former une élite technique locale capable de piloter l’industrialisation du Niger et de réduire la dépendance aux compétences extérieures.

Un hommage au pionnier Abdou Moumouni Dioffo

Dans son allocution, le chef du gouvernement n’a pas manqué de rendre hommage à une figure tutélaire de la science africaine : le professeur Abdou Moumouni Dioffo, physicien nigérien de renom et pionnier de l’énergie solaire. « Cette initiative s’inscrit dans la continuité de son héritage intellectuel », a déclaré Ali Lamine Zeine, affirmant la volonté de l’État de placer la science au cœur du projet national.

Des collèges pour corriger les insuffisances du système

Le Premier ministre a tenu à dissiper un éventuel malentendu : ces nouveaux établissements ne visent pas à marginaliser les autres disciplines. Ils répondent à une urgence : corriger les insuffisances structurelles du système éducatif en renforçant les filières scientifiques, technologiques et linguistiques dès les premiers cycles.

L’ambition est claire : sortir des universités et des lycées des jeunes mieux armés pour affronter les défis du XXIe siècle, loin des poncifs qui réservent les sciences à une élite.

Cinq secteurs stratégiques ciblés

Les autorités nigériennes ont identifié cinq piliers de développement qui bénéficieront prioritairement de cette main-d’œuvre qualifiée :

1. Les mines – cœur économique du pays.
2. L’énergie – notamment solaire, en hommage à Abdou Moumouni.
3. L’agriculture – pour la sécurité alimentaire et l’agro-industrie.
4. La pharmacie – pour la souveraineté sanitaire.
5. Le numérique – levier de modernisation.

L’objectif ultime : consolider la souveraineté économique du Niger en produisant localement les ingénieurs, techniciens et cadres dont le pays a besoin.

Mérite, équité et parité : les trois mots d’ordre

Le Premier ministre a insisté sur les principes qui guideront le recrutement dans ces collèges scientifiques :

· Le mérite : l’accès se fera par des concours transparents, ouverts à tous les élèves du pays.
· L’équité : des dispositifs seront mis en place pour garantir une représentation équilibrée des différentes régions.
· La parité filles-garçons : une priorité affirmée, avec un encadrement adapté pour encourager les jeunes filles à embrasser les carrières scientifiques.

Le général Assoumane Abdou Harouna salue « une initiative majeure »

Prenant la parole au nom des autorités locales, le gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna, a salué « une initiative majeure » pour l’élévation du niveau scientifique des élèves. Selon lui, ces collèges permettront de préparer les compétences nécessaires au développement national, tout en luttant contre le décrochage scolaire et le désintérêt pour les filières techniques.

Pose de la première pierre : les travaux commencent

La cérémonie s’est achevée par un geste symbolique fort : la pose de la première pierre, officialisant le lancement effectif des travaux dans les trois régions concernées. D’ici quelques mois, les premiers bâtiments devraient sortir de terre, accueillant les premières promotions de cette nouvelle génération de collégiens scientifiques.

Un pari sur l’avenir

Avec ce projet, le Niger choisit d’investir massivement dans son capital humain. Reste à concrétiser sur le terrain les belles annonces : formation des enseignants, équipements des laboratoires, suivi pédagogique. Mais pour l’heure, c’est l’espoir qui domine. Celui de voir émerger, dans quelques années, des jeunes scientifiques nigériens capables de prendre en main le destin économique de leur pays.

Par Cherif Keita 

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