Sénégal : Flambée du pétrole : le pays déploie son « bouclier énergétique » pour protéger le pouvoir d’achat

 

Face à la hausse des prix du baril, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le gouvernement sénégalais a annoncé ce vendredi une série de mesures d’urgence. Présentée en Conseil des ministres par le Premier ministre Ousmane Sonko, une nouvelle stratégie vise à renforcer la résilience énergétique du pays tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

Le baril de Brent évolue désormais à des « niveaux critiques », frôlant les 100 dollars, sous l’effet de l’instabilité qui règne autour du détroit d’Ormuz. Une conjoncture qui menace alourdir la facture énergétique du Sénégal et accentuer la pression sur ses finances publiques. En riposte, l’exécutif parie sur un « bouclier énergétique », dispositif destiné à protéger à la fois les secteurs stratégiques et les foyers modestes.

Trois piliers pour une nouvelle doctrine

La nouvelle doctrine énergétique sénégalaise repose sur trois axes complémentaires. Premier volet : l’accélération de la valorisation des ressources gazières nationales, afin de réduire la dépendance aux importations. Deuxième volet : l’intensification de la transition vers les énergies renouvelables. Troisième volet : une politique de rationalisation de la consommation, accompagnée d’une diversification des sources d’approvisionnement et d’une adaptation du régime fiscal du secteur.

L’objectif affiché est clair : mieux absorber les chocs externes et transformer les ressources extractives en véritable levier de souveraineté économique.

Sangomar et GTA, les atouts de Dakar

Cette stratégie s’appuie sur la montée en puissance de la production nationale. Depuis son entrée en service en juin 2024, le champ pétrolier de Sangomar a déjà produit plus de 47 millions de barils, générant des recettes d’exportation massives pour l’État sénégalais. Parallèlement, le projet gazier GTA (Grand Tortue Ahmeyim), développé en partenariat avec la Mauritanie, contribue à réduire le déficit commercial grâce à l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe et l’Asie.

Malgré ces succès, Dakar reste encore largement dépendant des importations pour satisfaire sa demande intérieure. Le gouvernement en est pleinement conscient. En dévoilant ce plan d’urgence, l’exécutif réaffirme sa volonté de garantir la disponibilité des hydrocarbures à des prix maîtrisés sur l’ensemble du territoire, dans un contexte international incertain.

Par Cherif Keita 

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