Ouganda : Yoweri Museveni investi pour un nouveau mandat : 40 ans de pouvoir et un avenir à écrire

Le président ougandais a prêté serment ce mardi 12 mai 2026 à Kampala, entamant un nouveau chapitre de son règne entamé en 1986.

C’est sous un soleil de plomb que Yoweri Kaguta Museveni a officiellement prêté serment, ce mardi 12 mai 2026, sur le célèbre Kololo Ceremonial Grounds de Kampala. Devant une foule de partisans et une assistance diplomatique fournie, le président ougandais entame un nouveau mandat qui le mènera à plus de quatre décennies à la tête du pays.

La cérémonie, d’une solennité martiale, a été rythmée par un impressionnant dispositif sécuritaire, des défilés militaires et des rituels traditionnels célébrant la continuité de l’État.

Les symboles du pouvoir transmis

Au cours de l’investiture, plusieurs « instruments du pouvoir » ont été officiellement remis au chef de l’État :

· La Constitution de l’Ouganda,
· Le drapeau national,
· L’hymne national,
· Le sceau de l’État,
· L’étendard présidentiel.

Autant de symboles qui consacrent la légitimité institutionnelle d’un homme dont le parcours politique a commencé il y a près de 40 ans.

Une réélection sans surprise

Réélu lors du scrutin présidentiel de janvier 2026, Museveni a officiellement recueilli plus de 71 % des suffrages selon les résultats proclamés par la Commission électorale ougandaise. Une victoire sans surprise, dans un pays où l’opposition dénonce régulièrement des irrégularités, sans jamais parvenir à menacer la longévité du président sortant.

Une cérémonie sous le signe de l’unité africaine

Plusieurs chefs d’État et délégations étrangères ont fait le déplacement pour honorer cette investiture. Parmi eux, le président congolais Félix Tshisekedi, dont la présence illustre les liens étroits entre Kinshasa et Kampala, notamment dans la gestion des conflits sécuritaires à l’est de la RDC.

D’autres dirigeants africains étaient également présents, témoignant de l’ancrage régional du président ougandais, malgré les critiques internationales sur son bilan démocratique.

Un homme, un régime, une époque

Yoweri Museveni est arrivé au pouvoir en 1986 à l’issue d’une guerre de guérilla. Depuis, il a remporté toutes les élections présidentielles, chaque scrutin étant entaché par des accusations de fraude et de répression de l’opposition.

Son nouveau mandat, qui s’annonce comme l’un des plus longs d’Afrique, devra répondre à plusieurs défis : la jeunesse ougandaise de plus en plus demandeuse de changement, la pression diplomatique occidentale sur les libertés publiques, et la stabilité sécuritaire dans une région des Grands Lacs toujours volatile.

À 81 ans, Yoweri Museveni continue d’incarner l’Ouganda. Pour ses partisans, il est le garant de la stabilité. Pour ses détracteurs, le symbole d’une démocratie confisquée. Une certitude : ce nouveau mandat s’ouvre sous le signe de la continuité, avec un homme qui n’a jamais semblé aussi installé.

Par Jérôme Wailifu 

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