Afrique du Sud : Ramaphosa condamne les violences xénophobes mais reconnaît le défi de l’immigration irrégulière
Le président sud-africain a fermement dénoncé lundi les actes de violence ciblant des ressortissants étrangers, tout en admettant que l’immigration illégale pèse sur les services publics et le marché du travail.
Dans une allocution nationale diffusée ce lundi 11 mai 2026, le président Cyril Ramaphosa a condamné avec la plus grande fermeté les violences perpétrées contre des étrangers dans plusieurs régions du pays. Il a assuré que ces agissements, qu’il attribue à des « groupes opportunistes », ne reflètent ni les valeurs du peuple sud-africain, ni la position officielle du gouvernement.
Le chef de l’État a vertement critiqué des individus qui, selon lui, se substituent illicitement aux autorités en procédant à des contrôles d’identité arbitraires, des arrestations illégales ou des fouilles de propriétés privées, agissant sous couvert de pseudo-initiatives communautaires. « La xénophobie, l’intolérance et la violence n’ont aucune place en Afrique du Sud », a martelé le président, promettant des « réponses fermes » contre tout acte criminel.
Un constat nuancé sur l’immigration irrégulière
Toutefois, dans un exercice d’équilibre politique délicat, Cyril Ramaphosa a également reconnu que l’immigration irrégulière constitue un défi réel pour le pays. Il a estimé que celle-ci exerce une pression croissante sur les services publics, le logement, le système de santé et certaines collectivités locales. Le président a pointé du doigt les employeurs qui recourent à une main-d’œuvre sans papiers et moins coûteuse, une pratique qu’il juge préjudiciable aux travailleurs sud-africains.
Pour répondre à cette problématique, le président a mis en avant les actions menées par l’Autorité de gestion des frontières et les forces de défense nationale. Il a annoncé que près de 450 000 tentatives d’entrée illégale sur le territoire ont été interceptées au cours du dernier exercice budgétaire.
Des mesures annoncées pour renforcer le contrôle migratoire
M. Ramaphosa a rappelé la promesse faite lors de son dernier discours sur l’état de la nation : le recrutement de 10 000 inspecteurs du travail visant à renforcer l’application des lois sur l’emploi et l’immigration. Le gouvernement entend également poursuivre les expulsions de migrants en situation irrégulière, dans le strict respect du cadre légal, tout en intensifiant la lutte contre la corruption dans le système migratoire.
À cet égard, le président a dénoncé la complicité de certains citoyens sud-africains impliqués dans des mariages frauduleux, des ventes illégales de logements publics ou encore l’exploitation de travailleurs sans papiers.
En conclusion de son message, Cyril Ramaphosa a rappelé les fondements de la nation arc-en-ciel depuis 1994 : la défense des droits humains, la solidarité africaine et l’intégration régionale. Il a averti que ces acquis ne doivent pas être remis en cause par des actes isolés de criminalité, réaffirmant le droit souverain du pays à contrôler ses frontières tout en rejetant catégoriquement toute forme de haine envers les étrangers.
Par Rodrigue Izumo

