Maroc : L’ancien ministre Mohamed Moubdii condamné à 13 ans de prison pour détournement de fonds publics

La Cour d’appel de Casablanca a rendu son verdict dans l’affaire qui oppose l’État marocain à Mohamed Moubdii, ancien ministre délégué chargé de la Fonction publique. L’ex-responsable politique, également figure de longue date du Mouvement populaire (MP), a été condamné ce [date à insérer] à une peine de 13 ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, corruption et abus de pouvoir.

Le tribunal n’a pas été tendre avec le prévenu : il devra également s’acquitter d’une lourde amende de 30 millions de dirhams, soit environ 2,79 millions d’euros.

Une carrière politique anéantie

Âgé de 67 ans, Mohamed Moubdii a vu sa carrière politique s’effondrer brutalement depuis son arrestation en avril 2023. Outre ses fonctions ministérielles qu’il a occupées par le passé, il présidait le conseil municipal de la ville de Fkih Bensalah depuis 1997, un bastion électoral jamais démenti jusqu’à sa chute.

Selon l’acte d’accusation, les faits couvrent une période où l’élu gérait à la fois des ressources nationales et des budgets communaux. La justice a retenu contre lui plusieurs chefs d’accusation graves : détournement de fonds publics, falsification de documents officiels et commerciaux, et corruption active.

Un procès sous haute tension

L’affaire a été déclenchée par une plainte déposée par l’Association marocaine pour la protection des biens publics dans la région Casablanca-Settat, une organisation citoyenne qui suit de près les affaires de mauvaise gestion des deniers collectifs.

Lors des audiences, le ministère public s’est montré intraitable. Il a requis non seulement une peine d’incarcération exemplaire, mais aussi la confiscation de tous les biens et sommes d’argent considérés comme issus des infractions financières. Le parquet a martelé un argument : en tant que gestionnaire de fonds publics et responsable communal de long terme, l’accusé devait répondre pleinement de l’usage des ressources placées sous sa responsabilité.

Un signal fort dans la lutte contre la corruption

Ce procès, suivi de près par l’opinion publique marocaine et largement commenté sur les réseaux sociaux, intervient dans un contexte où le discours officiel insiste de plus en plus sur la transparence et la gouvernance publique.

Si la décision de la Cour d’appel est confirmée en cassation éventuellement, elle pourrait envoyer un signal puissant aux élus locaux et aux hauts fonctionnaires : à l’heure actuelle, l’impunité n’est plus garantie, y compris pour ceux ayant fréquenté les plus hautes sphères de l’État.

L’ancien ministre dispose toutefois encore des voies de recours légales pour contester cette lourde condamnation.

Par Issa Abdou 

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