Tchad : Juin 2026 à N’Djaména : Valambi et Douré ouvrent le 3 ème cycle mensuel de « Regards Contemporains du Tchad »

 

Du 1er au 26 juin 2026, La Perception Restaurant Bar accueille la troisième exposition du nouveau format mensuel de « Regards Contemporains du Tchad ». À l’affiche : Valambi Langsouna et Aristide Douré, deux plasticiens tchadiens dont les œuvres dialoguent avec la diversité des publics qui fréquentent ce lieu devenu incontournable de la vie culturelle ndjaménoise.

C’est une petite révolution silencieuse mais bien réelle. Depuis 2023, La Perception Restaurant Bar ouvrait ses cimaises chaque mois de novembre à l’occasion de son anniversaire. Désormais, l’établissement passe à la vitesse supérieure en initiant ce projet : tous les mois, deux artistes plasticiens tchadiens seront invités à exposer leurs travaux. Le coup d’envoi de cette nouvelle formule est donné le 1er Avril 2026.

Valambi & Douré : un duo prometteur

Du 01 jusqu’au 26 juin, les visiteurs de La Perception pourront découvrir les œuvres de Valambi Langsouna et Aristide Douré. Deux noms, deux univers, deux sensibilités qui composent le troisième chapitre de ce projet baptisé Regards Contemporains du Tchad.

L’exposition, sobrement intitulée « ACTE III », s’inscrit dans la continuité d’une dynamique amorcée il y a trois ans. Mais elle marque aussi un tournant : celui d’une régularité mensuelle qui permettra enfin aux artistes tchadiens de disposer d’un espace d’exposition pérenne, au lieu d’attendre une occasion annuelle.

Un lieu de passage, une vitaille pour l’art tchadien

Le choix de La Perception n’est pas le fruit du hasard. Cet espace, dirigé par Khaldoun Sacha, est fréquenté par des dizaines de nationalités vivant au Tchad ou de passage. Un carrefour cosmopolite où les regards tchadiens, européens, asiatiques, africains se croisent autour d’un verre ou d’un repas. Et désormais, autour d’une toile.

« C’est un homme qui porte la culture tchadienne dans son cœur et ne cesse de promouvoir et soutenir la création artistique dans toutes ses disciplines », soulignent le public Tchadien à propos de Khaldoun Sacha. Ce passionné a su transformer son établissement en un lieu de vie et de culture, où l’art ne se visite pas mais se vit.

Une exposition sans commission pour les artistes

L’originalité du projet Regards Contemporains du Tchad ne s’arrête pas à sa fréquence. Mené en partenariat avec la Coopération Suisse au Tchad, il repose sur une règle d’or : aucun pourcentage n’est prélevé sur la vente des œuvres. Chaque franc CFA versé par un acheteur revient intégralement à l’artiste.

Un modèle conçu pour permettre aux plasticiens de vivre de leur création, de s’approvisionner en matériel et de poursuivre leur travail sans la pression d’une commission qui grève leurs revenus. Une manière concrète de soutenir une filière encore fragile mais pleine de promesses.

Des kits pour bien démarrer 2027

L’engagement ne s’arrête pas à la fin de chaque exposition. À la fin de l’année 2026, le projet prévoit de remettre des kits aux artistes exposants matériel, fournitures, outils afin de les aider à aborder 2027 dans les meilleures conditions. L’objectif affiché est clair : permettre à chaque plasticien de devenir, à terme, économiquement indépendant.

Une dynamique malgré les défis

L’art contemporain au Tchad connaît une dynamique croissante et vibrante, malgré les défis socio-économiques que traverse le pays. Des initiatives comme Regards Contemporains du Tchad en sont la preuve vivante. Elles montrent qu’avec de la volonté, des partenaires engagés et des lieux audacieux, la création plastique tchadienne peut exister, rayonner et même pourquoi pas ? vivre de ses fruits.

Jusqu’au 26 juin, les murs de La Perception racontent donc une histoire. Celle de Valambi et Douré, bien sûr. Mais aussi celle d’un pays qui, peu à peu, se donne les moyens de regarder son art contemporain et de le faire regarder par le monde.

Par Kenzo Brown 

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