Mali : Washington étudie des frappes contre le JNIM, une nouvelle escalade militaire sous Trump

Les États-Unis envisagent sérieusement d’étendre leur guerre contre le terrorisme à un huitième pays. Selon des informations du Washington Post publiées ce mercredi, l’administration Trump examine des options militaires visant le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, actif au Mali. Aucune décision définitive n’a toutefois été arrêtée, des divergences persistantes étant signalées au sein de la Maison Blanche sur l’opportunité d’une telle intervention.

Si elle était approuvée, cette opération placerait le Mali aux côtés du Yémen, de la Somalie, de la Syrie, de l’Iran, de l’Irak, du Nigeria et du Venezuela – soit huit pays frappés par les forces américaines depuis le début du second mandat de Donald Trump. Une telle projection de force ne serait pas sans risques : une confrontation avec les forces russes déployées dans la région demeure une éventualité sérieuse, ce qui imposerait potentiellement la mise en place de mécanismes de désengagement similaires à ceux expérimentés en Syrie.

Une coopération sécuritaire en voie de réchauffement

Paradoxalement, cette hypothèse militaire intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Washington et Bamako. Après des années de crispation consécutives aux coups d’État de 2020 à 2023 et à la suspension partielle de la coopération sécuritaire, les États-Unis ont amorcé un réchauffement progressif de leurs relations avec les autorités maliennes.

En février 2026, Washington a levé les sanctions visant le ministre malien de la Défense et plusieurs hauts responsables, jusqu’alors accusés de maintenir des liens avec des mercenaires russes – une concession majeure aux demandes répétées de Bamako. Ce geste avait été précédé, le 2 février, d’une visite à Bamako du chef du Bureau des affaires africaines du département d’État, Nick Checker, venu transmettre le « respect des États-Unis pour la souveraineté du Mali » et proposer « une nouvelle voie » bilatérale.

Vers un accord de renseignement

Au-delà des frappes potentielles, les deux pays sont sur le point de conclure un accord autorisant la reprise des vols de drones et d’avions américains dans l’espace aérien malien, afin de collecter des renseignements sur les groupes djihadistes, en premier lieu le JNIM. Ce dispositif est en partie motivé par des préoccupations humanitaires : Washington cherche activement à localiser un pilote américain enlevé au Niger voisin et détenu au Mali par le JNIM.

Entre pression militaire et coopération renouée, l’administration Trump semble jouer sur deux tableaux, dans une région sahélienne où les équilibres géopolitiques restent plus que jamais fragiles.

Par Frédéric Konaté 

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