Maroc : Mort d’Abderrahim Fakir en Italie : Rabat exige une enquête exhaustive, Rome promet la vérité

 

Le Maroc a officiellement demandé à l’Italie de « faire toute la lumière » sur les circonstances de la mort d’Abderrahim Fakir, un ressortissant marocain de 42 ans décédé le 19 juillet à Bologne lors d’une interpellation policière . Rabat exige une « enquête exhaustive » pour établir les responsabilités et garantir l’application des procédures légales, alors que la Première ministre italienne Giorgia Meloni promet de rechercher « la vérité jusqu’au bout » .

La scène s’est déroulée dimanche dans le quartier populaire du Pilastro, à Bologne. Appelés après des signalements concernant un homme au comportement erratique, les policiers ont immobilisé Abderrahim Fakir au sol . Une vidéo, largement relayée, montre le quadragénaire allongé face contre terre, deux policiers sur lui, criant « À l’aide ! Ça suffit ! » avant de s’éteindre progressivement . Malgré la présence de secouristes, son décès a été constaté peu avant 13 heures .

La sœur de la victime, Khadija, a exprimé sa colère : « Ils ont tué mon frère de sang-froid. Je veux que justice soit faite » . Selon sa famille, Abderrahim Fakir souffrait d’asthme et de problèmes cardiaques . Le parquet de Bologne a ouvert une enquête pour homicide involontaire, visant les deux policiers et quatre secouristes présents .

Un drame à la dimension politique

L’affaire a provoqué une vive émotion en Italie. Des manifestations ont rassemblé plusieurs milliers de personnes à l’appel du maire de Bologne, Matteo Lepore, avant de dégénérer en heurts faisant une soixantaine de blessés parmi les forces de l’ordre . Giorgia Meloni a fermement condamné ces violences, estimant que « rien ne peut justifier la violence contre les forces de l’ordre » .

Le drame a ravivé le débat sur les violences policières, avec des comparaisons au meurtre de George Floyd . La sénatrice Ilaria Cucchi a dénoncé les messages de soutien adressés aux policiers, accusant le gouvernement d’avoir « favorisé ce type de comportements » . À droite, le vice-Premier ministre Matteo Salvini a défendu les forces de l’ordre et critiqué l’initiative du maire de Bologne .

La diplomatie marocaine suit « avec préoccupation » ce dossier et a donné des instructions à son ambassade à Rome et son consulat à Bologne pour accompagner la famille . Le corps d’Abderrahim Fakir doit être rapatrié au Maroc pour y être inhumé à Casablanca . L’autopsie, dont les résultats sont très attendus, devra déterminer les causes exactes de ce drame qui a ébranlé l’Italie et provoqué une crise diplomatique entre Rabat et Rome .

Par Frédéric Konaté 

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