Afrique du Sud : Immigration clandestine : Ramaphosa dit non à la xénophobie, oui au contrôle

Lors d’une adresse à la nation, le président sud-africain a appelé les citoyens à collaborer avec les autorités sans céder à la haine ni à la désinformation.

« Ne confondons pas fermeté et violence. » C’est en substance le message que le président Cyril Ramaphosa a adressé à la nation le 7 juin 2026, alors que les tensions autour de l’immigration clandestine ne cessent de monter dans le pays.

Face aux inquiétudes légitimes d’une partie de la population  sur l’emploi, les services publics ou la sécurité le chef de l’État a d’abord pris acte des difficultés. Oui, l’immigration irrégulière pose des défis. Oui, elle pèse sur les ressources du pays. Mais rien, a-t-il martelé, ne saurait justifier la haine ni la violence.

« Les Sud-Africains ne doivent pas céder aux campagnes de désinformation ni aux discours qui cherchent à opposer les communautés », a-t-il déclaré, visant explicitement certaines initiatives sur les réseaux sociaux accusées de nourrir les tensions en diffusant de fausses informations sur les migrants.

Le président a également mis en garde contre un danger plus insidieux : la résurgence de discours à caractère tribal ou ethnique. Selon lui, ces dérives constituent une menace directe pour l’unité nationale et la cohésion sociale, des biens trop précieux pour être sacrifiés sur l’autel de la peur.

Cyril Ramaphosa a toutefois rappelé une évidence trop souvent oubliée : seules les autorités compétentes sont habilitées à faire appliquer les lois en matière d’immigration. Il a ainsi condamné fermement toute tentative de citoyens ou de groupes organisés de se substituer aux forces de l’ordre.

« L’Afrique du Sud reste attachée à la protection des droits humains de toutes les personnes vivant sur son territoire, qu’elles soient sud-africaines ou étrangères », a-t-il insisté.

Sur le fond, le gouvernement ne renonce pas à renforcer le contrôle migratoire. De nouvelles mesures sont déjà mises en œuvre pour mieux gérer les flux. Mais elles le feront dans le cadre de la loi, sans intimidation, sans violence, et surtout sans céder à la peur de l’autre.

Une position d’équilibriste pour un président qui tente de conjuguer fermeté régalienne et humanité. Reste à savoir si elle suffira à apaiser les esprits.

Par Rodrigue Izumo 

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