Afrique : UBA : Tony Elumelu passe la main après douze ans de règne, un successeur déjà en place
Fin d’une époque à la tête de United Bank for Africa. Tony Elumelu, le visage le plus connu de la banque panafricaine, quittera son poste de président du conseil d’administration le 21 août prochain. Motif ? La règle est claire : la Banque centrale du Nigeria limite à douze ans le mandat des administrateurs non exécutifs. Horloge atteinte, rideau.
Douze ans de transformation fulgurante
Quand Elumelu a pris les rênes du conseil en 2014, UBA était une banque nigériane parmi d’autres. Douze ans plus tard, c’est un empire. Présente dans 20 pays africains, avec des antennes à Londres, New York, Paris et Dubaï, l’institution affiche aujourd’hui plus de 50 millions de clients. Pas mal pour une banque partie d’un seul pays.
Le conseil d’administration ne tarit pas d’éloges : « leadership visionnaire », « contribution majeure au rayonnement du groupe ». Des formules qui sonnent juste, mais qui cachent aussi une réalité : Elumela a construit sa légende sur cette décennie de croissance effrénée.
Un successeur choisi dans la maison
Pour prendre la relève, le conseil a désigné Emmanuel Nnorom, 68 ans. Un nom qui ne sort pas de nulle part : administrateur non exécutif d’UBA depuis 2024, il connaît les rouages de la maison. Surtout, il cumule plus de quarante ans d’expérience dans la banque, l’audit et la gouvernance. Un profil de sage-femme pour accompagner la transition.
Sa mission ? Poursuivre la stratégie d’expansion sans perdre le cap. Pas une mince affaire, quand on sait que le secteur bancaire nigérian s’apprête à vivre une concurrence accrue et des mutations technologiques profondes.
Elumelu : un départ serein, un avenir toujours actif
L’intéressé affirme quitter ses fonctions « avec une grande confiance dans l’avenir de la banque ». Une déclaration classique, mais qui prend tout son sens quand on connaît l’homme. Tony Elumelu ne disparaît pas du paysage : il reste une figure incontournable du monde des affaires africain, notamment via sa fondation et ses investissements dans Heirs Holdings.
Si la transition est réglementaire, elle n’en est pas moins chargée de symboles. Elumelu a incarné une génération de bâtisseurs africains, ceux qui ont su faire de leurs entreprises des champions continentaux. Son départ referme un chapitre, mais en ouvre un autre : celui d’Emmanuel Nnorom, qui devra prouver qu’il peut maintenir la machine en marche sans l’ombre du fondateur.
Les marchés observeront. Les concurrents aussi. Et les 50 millions de clients d’UBA, eux, attendront de voir si le changement se voit dans leurs comptes.
Par Rodrigue Izumo

