Etats Unis : Le Pentagone signe un contrat historique de 22,9 milliards avec Raytheon pour les missiles Tomahawk
L’annonce a été faite lundi 17 août 2026. Ce contrat de sept ans vise à multiplier par plus de quinze la production annuelle de missiles de croisière Tomahawk, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient.
C’est un signal fort adressé à l’industrie de défense américaine. Le ministère américain de la Défense a attribué à Raytheon, filiale du groupe RTX, un contrat de 22,9 milliards de dollars pour accélérer la production de missiles de croisière Tomahawk à destination de l’US Navy .
L’accord, qualifié d’« historique » par le secrétaire par intérim de la Marine, Hung Cao, s’étale sur sept ans . Il prévoit de faire passer la production annuelle d’environ 60 missiles actuellement à plus de 1 000 unités . Une augmentation spectaculaire qui répond à un besoin urgent : reconstituer des stocks stratégiques sérieusement entamés par les récents conflits.
Ce contrat massif intervient après plus de six mois d’opérations militaires contre l’Iran . Selon plusieurs sources, les réserves américaines de missiles à longue portée et d’intercepteurs auraient considérablement diminué . Une analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS) publiée en juillet a révélé que les stocks d’intercepteurs Patriot et de systèmes THAAD ont été au moins divisés par deux depuis le début du conflit, le 28 février .
En ce qui concerne spécifiquement les Tomahawk, l’US Navy en aurait utilisé plus de 1 000 lors de cette seule opération . Le CSIS estime qu’il faudra peut-être trois ans, voire plus, pour reconstituer les stocks à leurs niveaux d’avant-conflit .
Des déclarations officielles sans équivoque
« Le ministère a demandé à l’industrie d’élargir la production de munitions, et Raytheon a répondu à cet appel », a déclaré Michael P. Duffey, secrétaire adjoint à la Guerre pour les Acquisitions et le Soutien . « Cette attribution pour les Tomahawk augmente notre capacité à équiper les Forces conjointes, garantissant que nos combattants ne soient jamais désavantagés » .
Le secrétaire par intérim de la Marine, Hung Cao, a insisté sur l’importance stratégique de cet investissement : « Garantir que nos forces navales et nos forces conjointes disposent de la puissance de feu létale dont elles ont besoin pour dissuader l’agression et protéger le territoire national est une priorité absolue » . Il a salué un investissement qui « accélérera la livraison de missiles Tomahawk à nos combattants à une vitesse sans précédent » .
Le Tomahawk, arme de dissuasion par excellence
Les missiles Tomahawk sont des missiles de croisière à longue portée, tirés depuis des sous-marins ou des navires de guerre. Ils peuvent atteindre des cibles situées à plus de 1 600 kilomètres de distance . Leur capacité de frappe de précision en fait un élément essentiel de la puissance de feu des flottes navales américaines.
Le président de Raytheon, Phill Jasper, a souligné l’importance de ce contrat pour l’entreprise, qui réalise déjà « d’importants investissements dans sa main-d’œuvre, sa technologie, sa chaîne d’approvisionnement et ses installations pour augmenter considérablement la capacité de production et répondre à la demande croissante » .
L’ampleur du défi est à la hauteur du contrat. Le modèle de production à petite échelle, propre au temps de paix, a longtemps empêché les fabricants d’investir dans le développement des infrastructures industrielles . Pour passer de quelques centaines à plus d’un millier de missiles par an, Raytheon doit agrandir ses usines, acquérir des équipements, former du personnel et sécuriser sa chaîne d’approvisionnement .
Le Pentagone a ainsi opté pour des contrats à long terme comme celui-ci, offrant un cadre juridique et financier stable aux entreprises pour s’engager dans des investissements lourds. Malgré cela, les calculs du CSIS indiquent que les missiles commandés dans le cadre du budget de l’exercice 2027 ne devraient pas être livrés avant mars 2030, après un cycle de production de 34 mois .
Par Frédéric Konaté
