Monde : ONU : Macky Sall à la traîne, la route vers le secrétariat général s’annonce semée d’embûches

L’ancien président sénégalais Macky Sall voit ses chances de décrocher le poste de secrétaire général des Nations unies s’éloigner. Avec un ratio de 0,86, il se classe en 6ᵉ position, très loin derrière les candidats favoris, selon les résultats des derniers votes indicatifs organisés au sein du Conseil de sécurité.

Le premier « straw poll » (vote consultatif) du 30 juillet 2026 avait déjà placé l’ancien chef d’État sénégalais en 5ᵉ position, avec 6 votes d’encouragement, 7 de découragement et 2 avis neutres. Un second tour, tenu le 21 août, n’a pas modifié son score. Cette stagnation, analysée comme un « plafond » par certains observateurs, constitue un sérieux handicap.

À titre de comparaison, la candidate costaricienne Rebeca Grynspan a vu ses soutiens chuter de 10 à 7, tandis que Carolyn Rodrigues-Birkett, du Guyana, caracole en tête avec 8 voix favorables.

Les règles du jeu sont claires : pour être formellement recommandé par le Conseil de sécurité, un candidat doit réunir au moins 9 votes positifs sur 15, sans qu’aucun des cinq membres permanents (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) n’oppose son veto. Avec seulement 6 soutiens, Macky Sall doit impérativement convaincre les 2 États qui ont émis un avis neutre et faire basculer au moins un vote défavorable pour s’approcher du seuil critique.

Mais le véritable obstacle est géopolitique. Les positions des cinq puissances permanentes restent secrètes, et une candidature même bien soutenue peut être anéantie par un seul veto. Dans ce contexte, la stabilité du score de Macky Sall – malgré un durcissement général du Conseil – pourrait être perçue comme un atout, à condition qu’il parvienne à réduire les résistances.

Une campagne qui doit changer de rythme

Pour l’ancien président sénégalais, la suite de la campagne s’annonce délicate. Chaque vote défavorable doit être passé au crible : certains relèvent d’une préférence pour une candidate féminine, d’autres d’un tropisme latino-américain, ou encore de considérations bilatérales complexes.

Le prochain « straw poll » sera décisif. Selon l’analyse du politologue Abdourahmane Ba, « passer de six à huit encouragements tout en réduisant les découragements vers quatre ou cinq constituerait une véritable avancée. Un troisième résultat inchangé à 6–7–2 installerait en revanche l’idée dangereuse d’un plafond infranchissable ».

La course à la succession d’António Guterres reste ouverte. Plusieurs candidats sont encore en lice, et les prochains votes consultatifs pourraient redistribuer les cartes. Mais Macky Sall doit désormais prouver qu’il peut transformer sa stabilité en dynamique de progression.

Sous la pression des membres permanents et d’une opinion internationale attentive, l’ancien président sénégalais devra redoubler d’efforts pour convaincre les réticents et décrocher les précieux « yes » qui lui manquent. Un troisième échec similaire pourrait définitivement enterrer ses ambitions new-yorkaises.

Par Cherif Keita 

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