Tchad : Détention en Égypte : le journaliste tchadien Malick Mahamat Tidjani rétablit la vérité sur son expulsion

 

Arrêté puis expulsé d’Égypte début août, le coordonnateur du journal en ligne Alwihda Info est sorti du silence pour démentir les fausses informations circulant à son sujet sur les réseaux sociaux.

De retour à N’Djamena depuis le 20 août, Malick Mahamat Tidjani a tenu à clarifier les circonstances de son interpellation, le 4 août, et de son séjour forcé au Caire. Une prise de parole destinée à rétablir des faits que des rumeurs en ligne avaient largement déformés.

Une arrivée régulière, un visa en règle

Contrairement à ce qui a été affirmé sur certaines plateformes, le journaliste assure être entré en Égypte en toute légalité. « Je suis arrivé au Caire par avion le 13 juillet, muni de mon passeport et d’un visa valide. Mon passeport a d’ailleurs été enregistré dès le lendemain de mon arrivée », a-t-il précisé.

Son déplacement, a-t-il rappelé, relevait d’un voyage privé, dans le cadre de ses congés annuels.

Deux semaines de détention

Tout bascule le 4 août. Ce jour-là, Malick Mahamat Tidjani est interpellé par les autorités égyptiennes. Son passeport lui est confisqué et ne lui sera jamais rendu. « Selon les informations qui m’ont été données, il aurait été perdu par les services de police », déplore-t-il.

Pendant près de deux semaines, il est détenu dans plusieurs lieux, notamment à Tadjammou 5 et à Altamia, sous la supervision des services de renseignement égyptiens. Une période d’incertitude totale, durant laquelle il reste injoignable, plongeant ses proches et ses confrères dans l’inquiétude.

Expulsion sans ses affaires personnelles

Finalement expulsé, le journaliste affirme avoir quitté l’Égypte sans pouvoir récupérer ses biens. « À mon départ, mon argent ne m’a pas été restitué et je n’ai pas non plus pu récupérer ni voyager avec mes bagages », témoigne-t-il. Une situation qu’il vit comme une double peine.

Une mobilination pour obtenir son retour

La disparition du coordonnateur d’Alwihda Info avait suscité une vive émotion au Tchad. L’Union des Journalistes Tchadiens (UJT) avait saisi le Syndicat des Journalistes égyptiens, tandis que la rédaction d’Alwihda Info appelait le ministre tchadien des Affaires étrangères à intervenir. Dès le 6 août, l’Administration égyptienne des passeports avait demandé l’établissement d’un document de voyage urgent, ouvrant la voie à son rapatriement le 20 août.

Dans sa déclaration, Malick Mahamat Tidjani met également en garde contre les nombreuses vidéos et publications inexactes diffusées durant sa détention. « Elles contiennent plusieurs informations non vérifiées, susceptibles d’induire l’opinion publique en erreur », souligne-t-il.

Cette affaire rappelle les difficultés que peuvent rencontrer les journalistes à l’étranger, et la fragilité des procédures diplomatiques lorsqu’un citoyen se retrouve pris dans les rouages d’une administration étrangère.

 

Par Mbaikoula Philippe 

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