Gambie : le nouveau chef de l’armée appelle les soldats à la neutralité politique et à l’exemplarité
Le brigadier général Yaya Drammeh, récemment nommé à la tête de l’Armée nationale gambienne (GNA), a adressé un message clair aux troupes : discipline irréprochable et abstention totale en matière politique. Une prise de position ferme, intervenue lors de sa première tournée sur le terrain depuis sa prise de fonctions.
Nommé il y a environ deux mois à la tête de la GNA, le brigadier général Yaya Drammeh a choisi le terrain pour marquer son autorité. Accompagné du chef d’état-major de la défense, le major général Ousman Gomez, il a effectué une série de visites dans plusieurs casernes et bases militaires du pays. L’occasion pour lui de délivrer son premier discours de fond face aux soldats des forces terrestres.
« Restez en dehors de la politique »
Au cœur de son intervention, un principe martelé avec insistance : la stricte neutralité politique des militaires. Le général Drammeh a rappelé que cette obligation s’impose à tous les personnels, en service comme dans leur vie privée. Il a mis en garde contre toute prise de parole publique à caractère politique, qu’elle soit exprimée verbalement ou via les réseaux sociaux, et a rappelé que toute déclaration nécessite une autorisation préalable.
« Les militaires doivent faire preuve d’une conduite exemplaire, à la fois dans l’exercice de leurs fonctions et dans leur vie quotidienne. Aucun écart, aucune revendication publique, aucun positionnement partisan ne seront tolérés » , a-t-il insisté, selon des sources proches de l’état-major.
Une armée en quête de stabilité
Cette mise au point intervient dans un contexte où la Gambie, en transition démocratique depuis la chute du régime de Yahya Jammeh en 2017, cherche à consolider ses institutions et à garantir un rôle strictement régalien à ses forces armées. Les appels répétés à la neutralité des militaires visent à prévenir toute ingérence politique et à rassurer la population sur la fiabilité d’une armée professionnelle et apolitique.
Le brigadier général Yaya Drammeh, dont la nomination avait été saluée par plusieurs observateurs comme un signal de continuité et de fermeté, semble ainsi vouloir poser dès son entrée en fonction les bases d’une gouvernance militaire rigoureuse, centrée sur la discipline et le respect des règles..
Par Rodrigue Izumo

