Iran : Téhéran monte le ton : la marine iranienne se dit capable de « neutraliser l’ennemi n’importe où dans le monde »
Le contre-amiral Shahram Irani, commandant de la marine iranienne, a profité d’un discours à l’université de défense aérienne Khatam al-Anbiya pour adresser un avertissement sans équivoque aux adversaires de la République islamique. Selon lui, les forces navales iraniennes disposent désormais de la capacité de « mettre hors de combat » tout ennemi, où qu’il se trouve.
« Aujourd’hui, si nécessaire, nous sommes capables d’immobiliser l’ennemi où qu’il se trouve », a lancé le haut gradé, assurant que les mouvements adverses sont « surveillés à chaque instant ». Il a également affirmé que des opérations menées par l’Iran ont déjà perturbé « pendant une longue période » la capacité opérationnelle de certains navires de guerre ennemis, sans toutefois fournir de détails précis sur la nature de ces actions.
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis et l’Iran sont engagés dans une confrontation directe depuis plusieurs mois. L’opération américaine « Epic Fury », lancée fin février 2026, a déjà infligé des pertes sévères aux forces iraniennes. Le Pentagone affirme avoir détruit plus de 150 navires iraniens et anéanti les défenses aériennes du pays, tandis que les frappes israéliennes et américaines continuent de viser des cibles militaires sur le sol iranien.
Dans ce contexte, les propos du commandant Irani semblent viser un double objectif : rassurer le camp iranien sur ses capacités résiduelles, et signifier à Washington que Téhéran conserve des moyens de nuisance, même affaibli.
Le week-end dernier, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a affirmé avoir tiré plusieurs missiles balistiques sur un porte-avions et un destroyer américains en patrouille dans les eaux régionales. Les navires américains auraient réussi à éviter les tirs, selon le CENTCOM, qui a confirmé qu’aucun soldat n’avait été blessé. En représailles, les forces américaines ont coulé ou endommagé trois pétroliers iraniens liés au CGRI.
Par ailleurs, un conseiller du Guide suprême iranien, Mohsen Rezaee, a déclaré que l’Iran avait testé avec succès un nouveau missile antinavire, le « Qassem Basir », en le faisant passer au-dessus d’un navire de guerre américain, provoquant la panique et le retrait des bâtiments américains de la zone.
Une déclaration qui interroge sur l’état réel des forces iraniennes
Si les affirmations du commandant Irani sont à prendre avec prudence, elles témoignent de la détermination de Téhéran à ne pas baisser les bras malgré des mois de frappes intensives. La marine iranienne, qui a perdu son commandant en chef, le commodore Alireza Tangsiri, tué dans une frappe israélienne, tente de maintenir un semblant de dissuasion face à une supériorité technologique et numérique écrasante des forces américaines.
« L’ennemi est profondément préoccupé par les initiatives opérationnelles des forces armées iraniennes », a martelé l’amiral Irani, en appelant ses troupes à maintenir une « préparation constante » face à l’adversaire. Une formule qui sonne comme un appel à la résistance, alors que la guerre des nerfs se poursuit dans le golfe Persique et au-delà.
Par Ousmane Diallo

