France : Le fils d’un ancien ministre congolais soupçonné d’avoir commandité l’assassinat d’un juge à Créteil

Une affaire hors norme ébranle la justice française. Floriano, 22 ans, fils d’un ancien ministre du Congo-Brazzaville, est soupçonné d’avoir projeté l’assassinat d’un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Créteil, dans le Val-de-Marne, contre une somme de 100 000 euros.

D’après les révélations du Parisien, le jeune homme, alors incarcéré pour proxénétisme, aurait orchestré ce projet depuis sa cellule. Il est présenté comme l’instigateur présumé de l’opération. Sa détention provisoire a été maintenue vendredi à Paris, mais son placement à l’isolement a été levé à la demande de ses conseils.

L’affaire remonte à mars 2025. Un message publié sur une boucle Telegram nommée « Brozer mafia », suivie par plus de 5 000 abonnés, appelait à l’assassinat du magistrat. On y trouvait notamment une récompense de 100 000 euros, accompagnée du nom et de la photographie du juge. Les auteurs revendiquaient leur appartenance à la DZ Mafia, selon les éléments transmis par le parquet de Paris au Parisien.

Le magistrat visé avait immédiatement été placé sous protection policière. L’enquête a été confiée aux services spécialisés dans la cybercriminalité et la lutte contre le crime organisé.

Deux suspects mis en examen

Floriano et un autre homme, âgé de 36 ans, ont été incarcérés le 13 octobre 2025 après leur mise en examen, notamment pour participation à un groupement en vue d’assassiner un magistrat et association de malfaiteurs. Le second suspect est présenté comme l’administrateur présumé de la chaîne Telegram.

Selon Le Parisien, Floriano serait depuis passé aux aveux lors de ses auditions. L’instruction pourrait s’achever dans les prochains mois, avant que ne soit tranchée la question du renvoi des suspects devant un tribunal correctionnel ou une cour d’assises.

Un parcours singulier

Né en France dans une famille influente son père a occupé des fonctions ministérielles au Congo-Brazzaville, Floriano a grandi dans l’Hexagone. Adolescent, il s’est illustré dans des championnats de France et même des championnats du monde d’équitation. Il aurait ensuite basculé dans la délinquance, sur les traces d’un frère impliqué dans le trafic de stupéfiants, avant d’être incarcéré pour proxénétisme.

« Quand un juge est menacé, c’est l’État qui est menacé »

Interrogée par Le Parisien, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a insisté sur la gravité de l’affaire : « Ces menaces sont prises extrêmement au sérieux. » Elle a décrit un profil « habitué à une violence extrême et disproportionnée, y compris dans la défense de ses propres intérêts », et rappelé l’exposition particulière des magistrats instruisant des dossiers liés à la criminalité organisée.

« Quand un juge est menacé, c’est l’État, à travers lui, qui est menacé, ainsi que les institutions qui garantissent le fonctionnement de notre démocratie », a-t-elle déclaré, ajoutant que de telles attaques ne feraient que « renforcer notre détermination ».

Selon France Info, une vingtaine de magistrats seraient actuellement placés sous protection policière en France, les menaces à leur encontre étant en hausse depuis trois ans.

À ce stade, les intéressés restent présumés innocents jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.

Par Cherif Keita 

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