Tchad : Abandon à la Grande Mosquée de Sarh : Un nouveau-né recueilli, une dizaine de familles se proposent pour l’adopter

 

La journée du jeudi 21 mai 2026 a commencé par une découverte troublante à la Grande Mosquée de Sarh. Un nouveau-né, abandonné dans l’enceinte du lieu saint, y a été retrouvé tôt le matin. Mais l’émotion a vite laissé place à un élan de solidarité rare : plus de dix personnes ont déjà exprimé leur souhait de prendre l’enfant sous leur aile.

Une découverte matinale qui émeut la ville

C’est l’épouse du gardien de la mosquée qui a fait la trouvaille. En se rendant dans l’enceinte aux premières heures de la journée, elle est tombée sur le nourrisson, livré à lui-même. Sans hésiter, elle a alerté les responsables cantonaux, qui ont aussitôt prévenu les autorités locales.

Très rapidement, la mairie de Sarh, la gendarmerie et les services administratifs se sont déployés sur place. Constats, relevés et premières formalités ont été effectués dans la foulée, avant que l’enfant ne soit orienté vers une structure médicale.

Selon Sidothe Beteloum, secrétaire des séances à la mairie de Sarh, l’affluence des volontaires a été immédiate. À peine l’information connue, les appels et les déplacements ont afflué.

Parmi les candidats à l’adoption, l’épouse du gardien de la mosquée – celle-là même qui a découvert le bébé – figure en bonne place. Mais elle n’est pas seule. En quelques heures seulement, plus d’une dizaine de demandes auraient été enregistrées, preuve que la communauté sarhienne ne compte pas laisser cet enfant à l’abandon.

Dans l’attente des procédures administratives et d’une éventuelle adoption, le nouveau-né a été confié à un établissement de santé de la ville. Il y bénéficie de soins adaptés et d’une surveillance médicale constante. Aucune information précise sur son état de santé n’a filtré pour l’instant, mais les premières indications font état d’une prise en charge conforme.

Qui a déposé cet enfant dans la mosquée ? Pour quelles raisons ? À ce stade, aucune réponse n’a été apportée. La mère du nourrisson n’a pas été identifiée, et les autorités locales n’ont pas indiqué si une enquête serait ouverte pour tenter de déterminer les circonstances précises de cet abandon.

Une chose est sûre : le lieu choisi – une mosquée, espace sacré de recueillement n’a rien d’anodin. Comme si celle ou celui qui a laissé l’enfant avait cherché à le placer sous la protection divine, en espérant qu’il serait découvert et secouru. Pari réussi : l’enfant est vivant, soigné, et des familles se bousculent déjà pour l’accueillir.

Par Mbaikoula Philippe 

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