Mali : Bamako dit adieu au général Sadio Camara, « martyr » de la souveraineté nationale

La capitale malienne a rendu, ce jeudi 30 avril 2026, un dernier hommage solennel au général Sadio Camara, ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, décédé cinq jours plus tôt des suites de blessures contractées lors d’une série d’attaques d’une rare violence. La cérémonie, présidée par le président de la transition, le général Assimi Goïta, a revêtu une dimension à la fois nationale et martiale.

C’est sous un soleil de plomb, sur la place d’armes du 34e bataillon du génie militaire à Bamako, que les hommages se sont succédé. Le cercueil du haut responsable, drapé dans les couleurs du Mali, a été veillé par une garde d’honneur tripartite issue de l’armée, de la gendarmerie et de la garde nationale.

La disparition du général Camara, survenue le 25 avril dernier, a plongé le pays dans une profonde émotion. Il avait été grièvement blessé lors d’assauts simultanés d’une « ampleur exceptionnelle », selon le communiqué du gouvernement, ciblant plusieurs sites stratégiques. Si les détails de ces opérations restent encore couverts par le secret-défense, l’état de santé du ministre s’était rapidement détérioré, malgré son évacuation vers un hôpital militaire.

Une cérémonie sous haute sécurité

La présence du président Assimi Goïta, en tenue de camouflage et entouré de l’état-major général, a souligné l’importance de ce dernier voyage. À ses côtés, les membres de la junte, le Premier ministre, ainsi que de nombreuses autorités civiles et militaires, sont restés figés lors de la montée des couleurs.

Au cours de son éloge funèbre, le chef de l’état-major général des armées a salué la mémoire d’un « stratège infatigable » et d’un « patriote convaincu », qui fut l’un des piliers de la refondation de l’armée malienne depuis l’arrivée au pouvoir des colonels en 2020. « Le général Camara n’a pas seulement été notre ministre. Il a été la boussole de notre défense nationale, un homme dont la rigueur et le courage ont forgé les Forces armées maliennes d’aujourd’hui », a-t-il déclaré, la voix brisée par l’émotion.

Plusieurs délégations étrangères, principalement des pays sahéliens alliés, ont également fait le déplacement, témoignant de l’influence régionale du défunt.

Un deuil national de trois jours

Le gouvernement malien avait décrété un deuil national de trois jours à compter du 28 avril. Les drapeaux resteront en berne jusqu’au vendredi 1er mai. Ce jeudi, de nombreux Bamakois se sont rassemblés aux abords de la place d’armes, malgré les barrages de sécurité, pour rendre un dernier hommage à celui qu’ils surnommaient parfois « l’architecte de la souveraineté militaire ».

« C’était un homme droit, qui ne transigeait pas avec la sécurité de notre pays », confie Moussa Diallo, un commerçant venu brandir un portrait du général. « Il est tombé au combat, pour le Mali. C’est un martyr. »

Après la cérémonie officielle, le corps du général Sadio Camara a été inhumé dans l’intimité familiale au cimetière militaire de Faladié, sous les salves d’honneur tirées par les soldats du génie.

Sa succession à la tête du ministère de la Défense n’a pas encore été officiellement annoncée. Cependant, selon des sources proches de la présidence, le général Assimi Goïta devrait assurer l’intérim dans l’immédiat, signe que la vacance à ce poste stratégique en pleine crise sécuritaire est prise très au sérieux.

Par Cherif Keita 

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