Burkina Faso : Ouagadougou : un maçon étranger condamné à 24 mois de prison, dont 6 ferme, pour attentat à la pudeur sur une adolescente de 15 ans
Poursuivi initialement pour viol, le prévenu a vu les faits requalifiés par le Tribunal de grande instance Ouaga I, qui l’a condamné mardi à vingt-quatre mois d’emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA avec sursis.
Un jeune maçon de nationalité étrangère, âgé de 22 ans et désigné par les initiales P.K., a comparu mardi devant le Tribunal de grande instance Ouaga I pour des faits d’attentat à la pudeur sur une mineure de 15 ans. Les juges ont estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas de retenir l’accusation de viol, initialement portée contre lui, et ont requalifié les faits.
Devant la barre, le prévenu a contesté toute violence. Il affirme avoir entretenu une relation amoureuse avec l’adolescente pendant près de trois mois, après l’avoir rencontrée près de son domicile alors qu’il travaillait sur un chantier dans un quartier périphérique de Ouagadougou. « La première fois que nous avons couché ensemble, c’était un vendredi. Je lui ai demandé et elle a accepté », a-t-il déclaré, précisant n’avoir appris l’âge de la jeune fille qu’après les faits. Il évoque des rapports consentis et des bijoux offerts, affirmant : « Je ne l’ai pas forcée. »
La version de l’adolescente est tout autre. Elle raconte s’être rendue, un jour de mariage, dans la concession du prévenu avec une amie pour récupérer des plats. Selon elle, l’homme l’aurait alors tirée de force à l’intérieur en lui couvrant la bouche, pendant que son colocataire refermait la porte. « Je ne pouvais pas crier. On s’est battus et il a eu le dessus. Il m’a violée », a-t-elle témoigné en mooré. Rentrée chez elle vers 21 heures, elle dit avoir été battue par sa mère et n’avoir pu révéler les faits à sa famille que le lendemain. C’est son père qui a saisi les autorités.
Les témoignages pèsent dans la décision
Interrogée par le tribunal, la jeune fille a maintenu ses accusations, rejetant l’idée que la peur de ses parents l’ait poussée à parler de viol. Les juges l’ont également questionnée sur le fait que son amie et le colocataire se trouvaient à l’extérieur au moment des faits.
Les témoignages recueillis durant l’enquête ont toutefois corroboré la version du prévenu : son colocataire a confirmé ses déclarations, et l’amie de l’adolescente a indiqué s’être rendue sur place avec deux autres camarades. Le père de la jeune fille, de son côté, n’a formulé aucune réclamation et a choisi le pardon, s’en remettant à la justice.
Requalification et condamnation
Faute de preuves suffisantes pour établir le viol, le procureur du Faso a demandé la requalification des faits en attentat à la pudeur, rappelant que la loi interdit toute relation sexuelle avec un mineur. Le tribunal a suivi ses réquisitions et prononcé la condamnation.
Par Francis Kaboré

