Mali : le général Amadou Aya Sanogo nommé à la tête du Conseil d’administration de l’ONAC-MVG

Par décret présidentiel signé le 22 octobre 2026, le général de corps d’armée Amadou Aya Sanogo a été désigné président du Conseil d’administration de l’Office national des anciens combattants, des militaires retraités et des victimes de guerre du Mali. Une nomination qui place une figure controversée de l’histoire récente malienne à la tête d’une institution clé de la reconnaissance nationale envers les soldats et les victimes des conflits.

Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a officialisé cette désignation par le décret n° 2026-0648/PT-RM du 22 octobre 2026 . Le texte précise que le général Sanogo bénéficiera, au titre de ses nouvelles fonctions, des avantages prévus par la réglementation en vigueur .

Placé sous la tutelle du ministère de la Défense et des Anciens Combattants, l’ONAC-MVG joue un rôle central dans la gestion administrative et sociale des anciens combattants, des militaires retraités et des victimes de guerre . L’Office est chargé du suivi des dossiers de pension militaire, du recensement des effectifs sur l’ensemble du territoire et de la participation à la mobilisation de la réserve .

À la tête du Conseil d’administration, le général Sanogo aura pour mission de superviser l’orientation stratégique de l’établissement. Les défis sont multiples : renforcement de l’assistance sociale dans un contexte sécuritaire particulièrement exigeant, modernisation des services et valorisation du rôle historique des forces armées dans la défense de la souveraineté nationale .

La nomination d’Amadou Aya Sanogo ne manquera pas de susciter des réactions contrastées. Figure incontournable de l’histoire politique malienne depuis plus d’une décennie, il reste principalement associé au coup d’État du 22 mars 2012, qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré à quelques semaines de la fin de son mandat . Capitaine à l’époque, il avait pris la tête du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État avant de remettre le pouvoir aux autorités de transition.

Pour ses détracteurs, cette nomination constitue une forme de réhabilitation institutionnelle d’une personnalité dont l’intervention de 2012 est largement perçue comme ayant précipité l’effondrement sécuritaire du nord du pays . Pour ses partisans et les observateurs qui y voient un signal, elle témoigne au contraire de la volonté de l’État de s’appuyer sur l’expérience d’officiers généraux pour relever les défis de la reconnaissance militaire et de la cohésion nationale

Le décret présidentiel abroge toutes les dispositions antérieures contraires et prévoit sa publication au Journal officiel . Cette désignation ouvre une nouvelle étape dans la gouvernance de l’ONAC-MVG, à un moment où la question de la prise en charge des anciens combattants et des victimes de guerre demeure un enjeu sensible au Mali, dans un contexte de conflit prolongé et de mobilisation continue des forces armées.

La présidence du Conseil d’administration, organe délibérant chargé de fixer les orientations de l’Office et d’approuver ses programmes d’investissement, confère au général Sanogo une responsabilité stratégique dans la gestion des ressources et des priorités de l’institution . Les prochains mois diront si cette nomination permet effectivement de répondre aux attentes des bénéficiaires de l’Office, ou si elle reste avant tout un choix politique dans un pays où la mémoire militaire et les fractures de 2012 demeurent profondément ancrées.

Par Cherif Keita 

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