Arabie Saoudite : Riyad accuse les Houthis d’avoir bombardé vingt fois l’aéroport de la capitale en octobre

 

Selon la coalition saoudienne, les rebelles yéménites ont frappé l’aéroport international du roi Khaled à vingt reprises depuis le début du mois. Le bilan avancé fait état de 17 morts et 333 blessés. Les Houthis, qui revendiquent ces attaques, menacent désormais les compagnies aériennes et promettent de poursuivre leurs frappes.

L’Arabie saoudite monte au créneau. Jeudi 15 octobre, à Riyad, le porte-parole de la coalition « pour la légitimité au Yémen », le général Turki al-Maliki, a dressé un réquisitoire contre les Houthis. Selon lui, les rebelles ont visé l’aéroport international du roi Khaled, dans la capitale saoudienne, à vingt reprises au cours du seul mois d’octobre.

Ces attaques se seraient concentrées sur quatre journées : les 7, 8, 10 et 11 octobre. Le bilan humain avancé par Riyad est lourd : 17 morts et 333 blessés. La frappe la plus meurtrière aurait eu lieu le 10 octobre, lorsqu’un missile a percuté le terminal passagers de l’infrastructure.

Les autorités saoudiennes avaient alors communiqué un bilan de 12 morts et 309 blessés, incluant quatre citoyens saoudiens et huit résidents étrangers — Bangladesh, États-Unis, Égypte, Jordanie, Syrie, Palestine et Soudan. L’aéroport avait dû suspendre toute activité.

Au-delà de l’aéroport de Riyad, la coalition affirme que les Houthis ont cherché à frapper des dizaines d’autres sites sensibles : aéroports, installations pétrolières et ports. Le général al-Maliki s’inquiète également de la montée en puissance militaire des rebelles, évoquant l’acquisition de missiles balistiques, de drones d’attaque, de vedettes rapides armées et d’engins explosifs.

Les chiffres présentés par la coalition donnent la mesure du conflit : entre mars 2016 et octobre 2026, les Houthis auraient tiré 1 104 missiles balistiques et lancé 1 135 drones vers le royaume, sans compter l’usage de 118 embarcations armées et de 278 mines marines.

Les Houthis ne cachent pas leurs intentions. Leur porte-parole militaire, Yahya Sari, a revendiqué plusieurs opérations contre les installations de Saudi Aramco à Dhahran, la raffinerie de Riyad et l’aéroport du roi Khaled. Il les présente comme des ripostes aux bombardements saoudiens sur le Yémen.

Yahya Sari a en outre adressé un avertissement direct aux compagnies aériennes internationales, à leurs employés et aux voyageurs : qu’ils se tiennent éloignés des aéroports et des sites pétroliers saoudiens, à l’exception de ceux de La Mecque et de Médine. Il a promis que « les opérations visant les profondeurs du territoire saoudien se poursuivraient dans les jours à venir ».

À New York, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exprimé sa « condamnation la plus ferme » de ces attaques, rappelant que viser des infrastructures civiles viole le droit international.

Les conséquences se font déjà sentir sur le transport aérien. Qatar Airways et Etihad Airways ont suspendu leurs liaisons vers plusieurs villes saoudiennes, et la fermeture de l’aéroport du roi Khaled devrait se prolonger au moins jusqu’au 17 octobre.

Cette nouvelle flambée de violence intervient après la trêve de 2022 négociée sous l’égide de l’ONU. Les Houthis justifient leurs frappes par les 42 attaques aériennes menées en 24 heures par la coalition saoudienne sur des zones sous leur contrôle. Riyad, de son côté, assure que ses opérations visent uniquement les capacités militaires des rebelles et respectent le droit humanitaire.

Par Ousmane Diallo 

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