Afrique : Faire des enfants réduit-il la longévité chez une femme ? Ce que dit la science
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La maternité est souvent perçue comme l’un des piliers de l’épanouissement féminin dans de nombreuses sociétés africaines. Donner la vie, fonder une famille et assurer la continuité des générations demeurent des valeurs profondément ancrées. Pourtant, une question scientifique et sociétale suscite aujourd’hui le débat : avoir des enfants peut-il réduire l’espérance de vie d’une femme ?
Selon une étude menée par le Dr Euan Young, spécialiste en démographie et santé, chaque naissance pourrait réduire l’espérance de vie d’une femme d’environ six mois. Cette conclusion, qui peut surprendre, ne vise pas à remettre en cause la maternité, mais à attirer l’attention sur ses impacts biologiques et sociaux à long terme.
Un coût biologique réel mais variable
La grossesse et l’accouchement constituent des épreuves physiques majeures. À chaque maternité, le corps féminin mobilise une quantité importante d’énergie et subit des transformations hormonales, métaboliques et physiologiques profondes. Répétées sur plusieurs années, ces sollicitations peuvent fragiliser l’organisme, surtout lorsque les grossesses sont rapprochées.
Cependant, les chercheurs soulignent que la baisse de longévité n’est pas automatique ni universelle. Elle dépend fortement des conditions de vie de la femme concernée.
Le rôle déterminant de l’environnement et de la précarité
L’étude met particulièrement en lumière l’influence de facteurs externes tels que :
l’accès aux soins de santé maternelle,
la qualité de l’alimentation,
le niveau de repos et de soutien familial,
les conditions socio-économiques.
Dans les milieux marqués par la précarité, les risques sont amplifiés. Les femmes exposées à la pauvreté, au manque de suivi médical, au stress chronique ou aux travaux pénibles voient leur santé s’altérer plus rapidement, ce qui peut effectivement réduire leur espérance de vie.
Préserver la maternité, protéger la femme
Les experts insistent sur un point essentiel : ce n’est pas la maternité en elle-même qui est dangereuse, mais l’absence de conditions favorables pour la vivre sainement. Une meilleure planification familiale, un espacement des naissances, un accès renforcé aux soins prénataux et postnataux ainsi qu’un accompagnement social adéquat peuvent considérablement réduire les risques.
Un enjeu de santé publique
Cette réflexion interpelle les décideurs publics, les acteurs de la santé et les communautés. Investir dans la santé reproductive et le bien-être des femmes n’est pas seulement une question de droits humains, mais aussi un levier essentiel pour améliorer l’espérance de vie et la stabilité sociale.
Faire des enfants ne devrait jamais être un facteur de raccourcissement de vie, mais un choix éclairé, soutenu et protégé par des politiques publiques adaptées.
Par Frédéric Konaté

