Afrique: Le Kenya détrône l’Éthiopie et devient la première économie d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale

 

Selon les dernières données du Fonds monétaire international, Nairobi s’impose désormais comme la locomotive économique de la région, portée par un PIB estimé à plus de 151 milliards de dollars.

C’est un basculement économique majeur pour la sous-région. Le Kenya a dépassé l’Éthiopie pour devenir la première économie d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale, selon les données du Fonds monétaire international (FMI). Avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à 151,15 milliards de dollars, Nairobi devance désormais Addis-Abeba (127,15 milliards de dollars) et la République démocratique du Congo (environ 122 milliards de dollars).

L’Éthiopie occupait cette position de leader depuis cinq ans. Ce changement de rang marque une étape symbolique importante pour le Kenya, souvent présenté comme le hub technologique et financier de la région.

Septième économie du continent

À l’échelle continentale, le Kenya se classe désormais au septième rang des plus grandes économies africaines. Mieux encore : selon les projections du FMI, le pays pourrait dépasser l’Angola pour atteindre la sixième place d’ici 2028, confirmant une trajectoire ascendante soutenue.

Cette progression illustre le poids croissant de l’économie kényane dans son environnement régional, portée par la diversification de ses secteurs — services, technologies, agriculture et logistique  et par son rôle de plateforme d’affaires pour l’ensemble de la région.

Un indicateur à nuancer

Si ce classement en PIB nominal consacre la dynamique kényane, il convient toutefois de le relativiser. Le PIB nominal ne suffit pas, à lui seul, à mesurer le niveau de vie des populations ni l’ampleur des inégalités économiques. L’Éthiopie, avec une population bien plus importante, affiche ainsi un PIB par habitant nettement inférieur, tandis que la RDC, malgré ses immenses ressources naturelles, reste confrontée à d’importants défis de développement.

Ce reclassement pourrait néanmoins renforcer l’attractivité du Kenya auprès des investisseurs étrangers et peser sur les équilibres diplomatiques et économiques de la région, à l’heure où plusieurs grands projets d’intégration — à l’image du visa commun envisagé entre le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie pour la CAN 2027  dessinent une Afrique de l’Est de plus en plus connectée.

Par Cherif Keita 

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