Angola : Tensions autour de la mémoire de Jonas Savimbi : l’UNITA dénonce des blessés lors d’une cérémonie

 

Plus de vingt ans après la fin de la guerre civile, la figure de Jonas Savimbi continue de diviser l’Angola. L’UNITA, principal parti d’opposition, accuse la police d’avoir blessé au moins 32 de ses militants lors d’un hommage à son fondateur dans la province d’Uíge, ravivant les tensions avec le MPLA au pouvoir.

L’incident s’est déroulé alors que des militants de l’UNITA rendaient hommage à Jonas Savimbi, chef historique du mouvement rebelle tué en 2002. Selon le parti d’opposition, les forces de l’ordre ont dispersé les participants à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation, faisant au moins 32 blessés. Le gouvernement n’a pas encore confirmé ce bilan ni fourni sa version des faits.

Jonas Savimbi demeure une figure profondément clivante dans l’histoire angolaise. Fondateur de l’UNITA, il a dirigé pendant plusieurs décennies la rébellion contre le MPLA au pouvoir, dans une guerre civile qui a duré vingt-sept ans et fait plusieurs centaines de milliers de victimes. Sa mort, en 2002, avait marqué la fin officielle du conflit, mais la bataille des mémoires, elle, n’est jamais vraiment achevée.

Pour ses partisans, Savimbi incarne la résistance et la lutte pour la démocratie. Pour le pouvoir en place, il reste le chef d’une rébellion sanglante. Deux lectures de l’histoire qui continuent de s’affronter.

Une réconciliation inachevée

Depuis la fin de la guerre, l’UNITA est devenue le principal parti d’opposition et revendique une place croissante dans la vie politique angolaise. Mais ses relations avec le régime restent marquées par des accusations de restriction des libertés publiques, de recours excessif à la force et de difficultés d’accès à l’espace public.

L’incident d’Uíge intervient dans un climat politique déjà tendu. L’UNITA multiplie les critiques contre le gouvernement du président João Lourenço, notamment sur les questions économiques et institutionnelles. Pour de nombreux observateurs, ces affrontements rappellent que la réconciliation nationale demeure un chantier inachevé.

 

Alors que l’UNITA exige des explications, le gouvernement angolais reste silencieux. Aucune communication officielle n’est venue, pour l’heure, éclaircir les circonstances précises de cette intervention policière. La mémoire de Jonas Savimbi, plus de deux décennies après sa mort, continue d’alimenter les fractures d’un pays qui peine encore à tourner la page.

Si les armes se sont tues, la guerre des mémoires, elle, n’a pas pris fin.

Par Ousmane Diallo 

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