Bénin : Nécrologie : Colette Sénami Agossou Houeto s’éteint à 87 ans

Ce vendredi 2 octobre 2026, une lumière s’est éteinte à Porto-Novo. Colette Sénami Agossou Houeto, à 87 ans, a tiré sa révérence. Le Bénin perd une mère, une maîtresse d’école, une voix.

Il y a des départs qui ressemblent à des silences trop lourds. Celui de Colette Sénami Agossou Houeto en fait partie. Née le 6 mars 1939 à Porto-Novo, elle a porté, sa vie durant, la dignité discrète de ceux qui construisent sans bruit mais dont l’œuvre traverse le temps.

L’institutrice de toute une nation

Elle avait choisi l’école, non par hasard, mais par conviction. Enseignante avant tout, elle a fait de l’éducation son sacerdoce. À la tête de l’Institut national pour la formation et la recherche en éducation (INFRE), elle a œuvré pour que chaque enfant béninois trouve sur son chemin une école digne de ses rêves. Son engagement l’a ensuite conduite à la Banque africaine de développement et à l’UNICEF, où son nom a porté haut la voix du Bénin.

Ministre, un printemps éphémère

En avril 2006, le président Thomas Boni Yayi lui confie le ministère des Enseignements primaire et secondaire. Un honneur pour celle qui avait passé sa vie dans les salles de classe. Quelques mois plus tard, elle quitte le gouvernement. Peu importe la brièveté : elle avait marqué de son empreinte ce passage au sommet de l’État.

L’auteure de L’Aube sur les cactus

Elle écrivait comme elle vivait : avec pudeur et profondeur. L’Aube sur les cactus restera comme le témoignage d’une âme sensible, attentive aux blessures et aux espérances de son peuple. En 2014, le Bénin lui décerne le grade de Commandeur de l’Ordre national, reconnaissant une vie entière donnée au service des autres.

Ce qu’elle laisse derrière elle

Colette Agossou Houeto laisse une œuvre, une mémoire, et surtout un exemple. Celui d’une femme qui a cru que l’éducation pouvait changer un pays, que la littérature pouvait éclairer les consciences, et que la dignité n’était pas un vain mot.

À sa famille, à ses proches, à tous ceux qui l’ont aimée et accompagnée, Ensoleillé adresse ses condoléances les plus sincères. Puisse la terre lui être légère.

Maman Colette, reposez en paix. Le Bénin ne vous oubliera pas.

Par Jérôme Wailifu

 

 

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