Burkina Faso : Drame routier à Komsilga, un camion se renverse, 2 morts, 10 blessés et de nombreuses bêtes perdues
La soirée du samedi 16 mai restera marquée par une tragédie sur les routes de Komsilga. Un camion transportant du bétail a effectué plusieurs tonneaux avant de s’immobiliser sur le bas-côté. Le drame a causé la mort de deux personnes, blessé dix autres et décimé une partie du cheptel qui se trouvait à bord.
Un lourd tribut humain et animal
Sur place, le spectacle était désolant. À côté des corps sans vie des deux victimes humaines, gisaient plusieurs têtes de bétail, mortes sous le choc ou écrasées lors des tonneaux. Les dix blessés, pris en charge par les secours, ont été évacués d’urgence vers des centres de santé de la région.
Pour les éleveurs et propriétaires du camion, la perte est double. « Ce n’est pas seulement des vies humaines. Le bétail, c’est notre épargne, notre avenir. En perdre autant en une nuit, c’est un désastre », confie un habitant de Komsilga encore sous le choc.
Le transport mixte, une pratique meurtrière
Ce drame rappelle une triste réalité locale : le transport mixte. Chaque jour, dans plusieurs régions du Burkina Faso et d’Afrique de l’Ouest, camions de marchandises et bétaillères servent aussi à transporter des passagers, souvent entassés entre les animaux.
Les conséquences sont prévisibles :
· Les mouvements du bétail déséquilibrent le véhicule ;
· En cas d’accident, humains et animaux se renversent et s’écrasent les uns contre les autres ;
· Les blessures causées par les cornes ou les sabots aggravent souvent le drame.
« Voyager avec des bêtes, c’est comme s’asseoir sur une bombe à retardement. Quand le camion tonne, tout le monde paie », témoigne Ahmadou un conducteur expérimenté.
Enquête ouverte : vitesse, surcharge, défaillance ?
Les autorités compétentes ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de l’accident. Plusieurs pistes sont explorées :
· Excès de vitesse sur une route potentiellement dangereuse ;
· Surcharge : trop de bêtes entassées, trop de passagers embarqués ;
· Défaillance mécanique : freins, direction ou pneus défectueux ;
· Fatigue du conducteur , l’accident ayant eu lieu en soirée.
Face à cette tragédie, des voix s’élèvent pour réclamer des mesures plus strictes : interdiction formelle du transport de personnes dans des camions de bétail, contrôles renforcés, et sensibilisation des éleveurs et conducteurs aux risques encourus.
En attendant les résultats de l’enquête, les habitants de Komsilga pleurent leurs morts – humains et bêtes – et espèrent que ce drame ne restera pas lettre morte.
Par Francis Kaboré

