Cameroun: Issa Tchiroma Bakary aurait fui au Nigeria après la présidentielle
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Le leader du Front pour la Libération Nationale du Cameroun (FLNC), Issa Tchiroma Bakary, aurait quitté le pays pour se réfugier au Nigeria, selon des informations rapportées par Jeune Afrique. L’ancien ministre de la Communication, devenu l’un des principaux opposants à Paul Biya lors de la dernière présidentielle, aurait réussi à échapper à la surveillance renforcée autour de sa résidence de Garoua.
Une fuite bien organisée
D’après les sources du média panafricain, Issa Tchiroma aurait emprunté la voie fluviale du Bénoué reliant Garoua à Yola, au Nigeria. Ce passage, faiblement contrôlé par les autorités frontalières, lui aurait permis de traverser discrètement la frontière. Des sources proches du FLNC affirment que l’opposant avait, depuis plusieurs années, noué des liens étroits avec la notabilité de l’Adamawa nigérian, où il disposerait d’un point d’appui sûr.
Tensions et départs en série
Le départ de Tchiroma survient dans un contexte de répression croissante contre les contestataires de la victoire proclamée de Paul Biya. Jeune Afrique rapporte également que plusieurs figures de la société civile et de l’opposition, telles que l’avocate Michelle Ndoki et l’activiste Félix Agbor Balla, auraient quitté le Cameroun ces dernières semaines, invoquant des menaces directes et des intimidations.
Des divergences au sommet de l’État
À Yaoundé, la réaction du gouvernement reste incertaine. Si le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, préconise une arrestation rapide de Tchiroma, d’autres voix au sein du régime jugent plus stratégique de le laisser « s’isoler politiquement » en exil, selon les révélations de Jeune Afrique.
Une extradition politiquement sensible
Aucune procédure d’extradition n’a encore été engagée, mais le spectre d’un tel scénario n’est pas exclu. Bien que le Cameroun et le Nigeria ne disposent pas d’un accord bilatéral global en matière d’extradition, le précédent de 2018 — marqué par la remise à Yaoundé de plusieurs leaders séparatistes anglophones — démontre que la coopération entre les deux pays obéit souvent à des considérations politiques.
Une source diplomatique citée par Jeune Afrique estime que l’avenir de l’opposant dépendra avant tout des rapports entre les deux chefs d’État :
« Tout dépendra de la volonté des présidents Paul Biya et Bola Tinubu. Dans ce dossier, la politique primera sur le droit. »
Par Georges Domo

