États-Unis : Le Pentagone justifie le limogeage du général Brett Sylvia, accusé de fuites sur l’Iran et l’Ukraine
Le Pentagone a limogé cette semaine le général de corps d’armée Brett Sylvia, chef de la division des plans stratégiques de l’état-major interarmées, l’accusant d’avoir divulgué à des journalistes des informations sensibles sur la guerre contre l’Iran et le conflit russo-ukrainien. Selon un responsable du ministère, le général aurait échoué à trois reprises au détecteur de mensonges. L’affaire a été transmise au ministère de la Justice, mais les accusations n’ont pas été publiquement démontrées.
Le Pentagone a annoncé cette semaine le limogeage du général de corps d’armée Brett Sylvia, qui occupait le poste de directeur des plans, programmes et politiques de l’état-major interarmées (J5). Peu après, des responsables de la Défense ont accusé ce général trois étoiles d’avoir transmis à la presse des informations classifiées.
Trois échecs au détecteur de mensonges
Un responsable du Pentagone, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que Brett Sylvia était soupçonné d’avoir partagé avec des journalistes des informations sensibles portant notamment sur la guerre contre l’Iran, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que d’autres dossiers. Le général aurait échoué à trois reprises au détecteur de mensonges, un appareil qui mesure notamment la respiration et le rythme cardiaque.
Selon un rapport interne cité par Axios, Brett Sylvia aurait reconnu, lors d’un interrogatoire filmé, avoir divulgué des informations à des journalistes de deux médias différents sur une période d’environ un an. Les faits remonteraient à juin 2025 et se seraient poursuivis via l’application de messagerie chiffrée Signal, ainsi que lors d’une rencontre dans un restaurant d’Arlington, en Virginie.
Le Pentagone invoque la sécurité nationale
Le porte-parole en chef du Pentagone, Sean Parnell, a déclaré sur les réseaux sociaux que le ministère avait « pris les mesures nécessaires pour protéger des informations sensibles ». Il a affirmé que la Défense appliquait une « tolérance zéro » à l’égard de toute divulgation délibérée et non autorisée d’informations classifiées, ajoutant que « quiconque compromet des informations sensibles relatives à la sécurité nationale met en danger la vie de nos soldats ».
Sean Parnell a également confirmé que le dossier avait été transmis au ministère de la Justice en vue d’éventuelles poursuites. Le ministère de la Justice a indiqué de son côté qu’une enquête était en cours sur de possibles fuites d’informations classifiées.
L’affaire a connu un épisode confus. Dans un premier temps, l’état-major interarmées avait publié un communiqué remerciant Brett Sylvia pour « 32 années de services remarquables ». Le lendemain, ce communiqué a été retiré, un porte-parole expliquant qu’après « un examen plus approfondi », le texte ne reflétait pas « l’ensemble de la situation ».
Interrogé par des journalistes, le président américain Donald Trump a évoqué l’affaire en assurant que « nous cherchons activement les sources de fuites », tout en désignant à tort le général comme une femme.
Brett Sylvia n’a pas répondu aux sollicitations de la presse. Deux autres sources du Pentagone ont confié à CBS News que le limogeage était bien lié au détecteur de mensonges, mais ont contesté les accusations de fuite de documents classifiés, les jugeant « infondées ». Les faits exacts restent donc à établir.
Avant sa nomination à l’état-major interarmées, Brett Sylvia avait commandé la 101e division aéroportée à Fort Campbell, dans le Kentucky, jusqu’en mai 2025. Sa biographie officielle a depuis été retirée du site de l’état-major interarmées.
Cette affaire s’inscrit dans une série de remaniements au sein de l’état-major, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ayant déjà procédé, l’an dernier, au limogeage de trois de ses proches collaborateurs à la suite d’une enquête sur des fuites, menée là aussi à l’aide du détecteur de mensonges.
Par Ousmane Diallo

