États-Unis : « L’Iran n’aura plus que ses yeux pour pleurer » : Scott Bessent annonce que la Chine a coupé son aide à Téhéran
Le secrétaire au Trésor américain affirme que Pékin a promis de ne plus soutenir l’Iran et a déjà commencé à réduire son aide. Selon lui, il ne reste que 15 millions de barils de pétrole iranien en mer, et Téhéran livrera ses dernières cargaisons à la Chine dans les deux prochaines semaines.
C’est une sortie remarquée. Samedi 27 septembre, sur Fox News, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a lâché une phrase qui résume sa vision du dossier iranien : une fois les dernières livraisons de pétrole effectuées, l’Iran « n’aura plus rien à échanger » et « n’aura plus que ses yeux pour pleurer ». Pour lui, c’est précisément cette impasse qui pousserait Téhéran à chercher un accord avec Washington.
« Ils n’auront plus rien à échanger »
M. Bessent s’appuie sur un chiffre : environ 15 millions de barils de pétrole iranien resteraient en mer, dont les ultimes cargaisons devraient rejoindre la Chine « dans les deux prochaines semaines ». Passé ce délai, selon le responsable américain, Téhéran se retrouverait sans levier économique. Il a également affirmé que 85 à 90 % des usines de missiles iraniennes auraient été détruites, privant le pays de sa capacité de dissuasion militaire.
L’« Operation Economic Outcast » porte ses fruits, selon Washington
Ces déclarations interviennent dans le cadre de l’offensive financière américaine visant à isoler l’Iran. M. Bessent a cité plusieurs signes d’allégeance de pays partenaires : suspension des vols vers l’Iran par la Turquie, Oman et les Émirats arabes unis, ou encore gel des transactions bancaires iraniennes. Autant d’éléments qui, selon lui, confirment l’efficacité de la stratégie américaine.
Pékin muet, Téhéran raille
La réalité est toutefois plus nuancée. Si les données maritimes confirment un recul des exportations pétrolières iraniennes vers la Chine en septembre, plusieurs analystes indépendants estiment que cette baisse découle davantage de contraintes logistiques et d’un ajustement de la stratégie de vente iranienne que d’un désengagement volontaire de Pékin. La Chine n’a pas confirmé les propos de M. Bessent.
En Iran, la réplique a été cinglante. Le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a lancé que « l’Iran n’est pas un endroit pour les amateurs arrogants ».
Alors que Donald Trump a rejeté la dernière proposition d’accord de Téhéran tout en évoquant de possibles discussions dans les jours à venir, l’issue des négociations entre Washington et Téhéran reste plus incertaine que jamais.
Par Ousmane Diallo

