Guinée : le Transguinéen ouvrira ses portes aux voyageurs en 2027
Le Transguinéen, l’ambitieuse infrastructure ferroviaire de 650 kilomètres reliant la Guinée forestière au nouveau port de Morébaya, devrait accueillir ses premiers trains de voyageurs dès 2027. Initialement conçu pour acheminer le minerai de fer du projet Simandou, le réseau est appelé à se muer en un outil de mobilité et de développement économique pour les populations .
La Compagnie du Transguinéen (CTG), propriétaire de l’infrastructure, prévoit la mise en service de dix gares, de Beyla à Forécariah, avec des arrêts notamment à Mamou. Le président du conseil d’administration de la CTG, Barry Mamoudou Nagnalen, a confirmé que les accords prévoient la circulation de 20 trains de voyageurs par semaine, avec l’objectif de proposer deux allers-retours quotidiens . La première gare devrait être construite d’ici un an .
Parallèlement au transport de passagers, le Transguinéen sera également mis à contribution pour l’acheminement des marchandises et des produits agricoles, dans le but de stimuler les échanges économiques le long du corridor. Ce projet s’inscrit dans la stratégie « Simandou 2040 », qui vise à faire de l’exploitation minière un moteur de transformation économique en investissant massivement dans les infrastructures .
Des défis à relever
Malgré les avancées, plusieurs questions restent en suspens. Des organisations de la société civile, comme Action Mines Guinée, s’interrogent sur l’accessibilité du service. Le directeur exécutif de l’ONG, Amadou Bah, a souligné que l’éloignement des gares des principaux centres urbains pourrait limiter l’utilisation du train. La question du prix des billets est également cruciale pour garantir un transport véritablement abordable pour les citoyens .
La CTG promet des tarifs « décents et accessibles », mais aucun indice sur le montant exact n’a encore été communiqué. La compagnie assure que le travail de localisation des gares est quasiment achevé et qu’elle continue de recruter pour assurer une exploitation performante et inclusive, en s’appuyant sur des entreprises locales pour la maintenance du réseau .
Par Frédéric Konaté

