Mali: Justice : L’ex-patron des renseignements Kassoum Goïta et trois coaccusés devant le tribunal pour « complot contre l’État »

Un vent de tension souffle sur la justice malienne. Ce mardi 14 juillet, l’ancien maître de la sécurité d’État, le colonel-major Kassoum Goïta, et trois autres prévenus seront jugés pour « tentative de déstabilisation des institutions » et « complot contre l’État » . Une comparution qui promet d’être explosive, tant l’affaire touche aux plus hautes sphères du pouvoir.

Kassoum Goïta n’est pas un inconnu. Cet officier, ancien putschiste ayant participé au renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020, avait ensuite été nommé à la tête de la direction de la sécurité d’État, un poste ultrasensible . Mais son ascension a été brutalement interrompue en septembre 2021, lorsqu’il a été arrêté et accusé de fomenter un coup d’État contre le régime de transition dirigé par son homonyme, le colonel Assimi Goïta, aujourd’hui homme fort du Mali .

Arrêté en 2021, Kassoum Goïta a passé des années en détention dans des conditions jugées « difficiles ». Ses avocats ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme sur son état de santé, le décrivant comme « très maigre et faible » . Selon eux, il a été privé de soins médicaux adéquats, malgré ses droits constitutionnels. En mai dernier, l’officier a été extrait de sa cellule par des agents de la Sécurité d’État, qui l’accusaient à nouveau de comploter contre le régime . Il n’avait plus été revu depuis, alimentant les spéculations sur son sort.

Un procès aux multiples implications politiques

Au-delà des faits qui lui sont reprochés, ce procès est perçu comme un test pour la justice malienne et un signal fort envoyé par les autorités de la Transition. La radiation définitive de Kassoum Goïta des effectifs de l’armée, actée en janvier 2026, avait déjà marqué la volonté du pouvoir de purger les rangs des forces de défense de tout élément jugé « déloyal » .

Ce procès intervient dans un contexte de tension politique et sécuritaire particulièrement aiguë. Le Mali est secoué par des attaques djihadistes et des défis sécuritaires majeurs . L’ouverture de ce procès sera scrutée de près, tant par les observateurs nationaux qu’internationaux, comme un révélateur de la stabilité politique du pays.

La comparution de Kassoum Goïta et de ses trois coaccusés, prévue ce mardi, sera suivie avec une attention particulière, les yeux du Mali étant rivés sur le tribunal.

Par Frédéric Konaté 

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