Israël : Netanyahu se dit ouvert à un gouvernement élargi, mais refuse de céder la direction

Benjamin Netanyahu veut bien élargir sa coalition, mais pas question de lâcher les rênes. Le Premier ministre israélien sortant a affirmé, lundi 2 novembre, être prêt à dialoguer avec « tout parti qui le souhaite et ne soutient pas le terrorisme », tout en revendiquant un mandat clair pour diriger le prochain gouvernement .

Les élections législatives du 27 octobre n’ont dégagé aucune majorité claire à la Knesset. Le bloc de Netanyahu dispose de 53 sièges sur 120, contre 48 pour les partis d’opposition juifs et 19 pour les deux listes arabes . Aucun camp n’atteint donc le seuil de 61 sièges nécessaire pour gouverner seul.

Malgré cette arithmétique défavorable, Netanyahu assure que « une nette majorité de la population juive a choisi le Likoud comme premier parti » et l’a désigné pour diriger le prochain gouvernement . Il a réitéré son appel à une « large coalition nationale », tout en excluant catégoriquement de dépendre du soutien des partis arabes, qu’il accuse de « soutenir le terrorisme et de nier l’existence de l’État juif » .

Eisenkot en pole position

Face à lui, l’opposition s’organise. Les partis d’opposition juifs  Yashar de Gadi Eisenkot, le bloc Ensemble de Naftali Bennett, les Démocrates de Yair Golan et Israël Beytenou d’Avigdor Liberman — ont annoncé leur intention de recommander Eisenkot au président Isaac Herzog pour former le gouvernement .

Les deux formations arabes, la Liste unifiée (11 sièges) et Raam (8 sièges), devraient suivre. Si toutes ces recommandations se concrétisent, Eisenkot pourrait recueillir le soutien de 67 députés, contre 53 pour Netanyahu .

Mais recommander n’est pas gouverner. Si le camp d’Eisenkot dispose théoriquement d’une majorité de 67 sièges avec l’appui des partis arabes, la constitution d’une coalition reste un casse-tête. Avigdor Liberman a d’ores et déjà prévenu qu’il ne siégerait pas dans un gouvernement dépendant du soutien arabe, et plusieurs partenaires d’Eisenkot partagent cette réticence .

La Liste unifiée de Youssef Jabareen prône pour sa part un soutien de l’extérieur, sans participation au gouvernement, tandis que Raam de Mansour Abbas se dit ouvert à une intégration . « Quiconque est vraiment déterminé à remplacer ce gouvernement a l’obligation d’accepter la réalité politique », a lancé Jabareen, appelant l’opposition à saisir l’opportunité .

Les consultations s’ouvrent

Le président Isaac Herzog doit entamer mercredi 4 novembre ses consultations avec les représentants des partis élus, avant de confier à un député la mission de former le gouvernement . Le mandat initial est de 28 jours, avec une possible prolongation de 14 jours. En cas d’échec, le président peut désigner un autre député, et une nouvelle élection reste possible en dernier recours .

Par Ousmane Diallo 

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