Madagascar : un premier scrutin en juillet 2027 pour décider du cadre constitutionnel, la Gen Z s’impatiente
Le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation, a annoncé la tenue d’un premier scrutin en juillet 2027 pour déterminer le futur cadre constitutionnel du pays. Une élection présidentielle devrait suivre avant la fin de la même année . Une clarification qui ne suffit toutefois pas à dissiper les interrogations, notamment celles de la Gen Z, qui dénonce un calendrier flou et un retard inquiétant de la concertation nationale.
L’annonce a été faite à Durban, en Afrique du Sud, en marge du 46e sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), où le colonel Randrianirina s’est entretenu avec son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, également président en exercice de l’organisation régionale .
Le chef de l’État a « rappelé » cette première échéance électorale, inscrite dans le « Programme de la Refondation de la République », un document remis à la SADC le 28 février dernier . Ce programme trace les différentes étapes du processus de refondation sur une période de vingt-quatre mois, à compter de janvier 2026 .
Un premier vote sur le cadre constitutionnel, une présidentielle avant décembre
La nature exacte du scrutin prévu en juillet 2027 reste toutefois à préciser. Le pouvoir évoque un vote sur le futur cadre constitutionnel sans employer, pour l’instant, le terme de référendum . Selon le chronogramme de la Refondation, ce premier rendez-vous électoral devrait être suivi d’une élection présidentielle, programmée avant décembre 2027 .
Ce calendrier représente un léger décalage par rapport aux prévisions initiales de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui évoquait en mai dernier un référendum constitutionnel en juin 2027 et une présidentielle en octobre de la même année .
La SADC apporte son soutien
La participation du colonel Randrianirina à la tribune officielle du sommet de la SADC, aux côtés des chefs d’État et de gouvernement des pays membres, constitue un signal fort . Cyril Ramaphosa a affirmé que la SADC reconnaît le pouvoir actuellement en place à Madagascar et s’est dit prêt à accompagner le pays jusqu’à la tenue des élections . L’organisation régionale a salué les efforts de dialogue engagés et réaffirmé son soutien au processus de Refondation .
La Gen Z critique un calendrier flou
Malgré ces annonces, les critiques se font entendre. Le mouvement Gen Z, à l’origine de la chute de l’ancien président Andry Rajoelina en octobre 2025, s’impatiente. Ses membres estiment que l’annonce d’une date pour les élections n’apporte rien de nouveau tant que la concertation nationale, confiée au Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), n’a pas véritablement débuté .
Cette concertation, censée démarrer en août, n’a pour l’instant ni thème, ni calendrier précis . Elle doit pourtant partir du niveau local (Fokontany) avant de remonter à l’échelle nationale . « C’est le flou qui domine toujours », résume un membre du mouvement Gen Z, qui pointe le retard pris par ce processus pourtant essentiel à la légitimité du scrutin à venir .
Alors que le pouvoir affiche sa détermination à respecter les échéances fixées devant la SADC, le chemin vers une sortie de crise consensuelle reste semé d’incertitudes. La tenue effective du scrutin de juillet 2027 dépendra en grande partie de la capacité des autorités à relancer la concertation nationale et à rassurer une opposition, en particulier la Gen Z, qui ne compte pas baisser la garde.
Par Rodrigue Izumo

