Mali : près de 4 000 nouvelles infections au VIH enregistrées en 2024
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À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida, célébrée le 1ᵉʳ décembre au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les autorités sanitaires maliennes ont dressé un bilan préoccupant de l’évolution de l’épidémie dans le pays. Malgré une baisse du taux de prévalence national, les données révèlent un nombre encore élevé de nouvelles infections.
Selon le Haut Conseil national de lutte contre le sida (HCNLS), le Mali a enregistré 4 003 nouvelles personnes infectées en 2024, un chiffre qui, bien qu’inférieur aux 5 800 cas recensés en 2022, demeure alarmant au regard des efforts engagés pour contenir la propagation du virus.
Une prévalence en légère baisse mais une mortalité toujours élevée
Le HCNLS indique que le taux de prévalence du VIH est désormais de 0,76 %, contre 1 % en 2021, témoignant d’une amélioration globale de la situation. Toutefois, la maladie continue de faire des ravages : 3 236 décès liés au sida ont été enregistrés en 2024, contre 4 300 deux ans plus tôt.
Les autorités sanitaires soulignent que certaines catégories sociales notamment les jeunes, les femmes et les groupes à risque restent particulièrement exposées, ce qui nécessite un renforcement ciblé des actions de prévention.
Prévention mère-enfant : une couverture encore insuffisante
L’une des préoccupations majeures demeure la transmission du virus de la mère à l’enfant. Sur les 4 361 femmes enceintes séropositives attendues cette année, seules 2 003 ont pu être mises sous traitement, soit une couverture de 46 %. Un taux jugé insuffisant par le secrétaire exécutif du HCNLS, Dr Ichiaka Moumine Koné, qui appelle à un investissement plus conséquent dans les programmes de prévention.
Un appel pour un financement souverain
Le thème retenu pour cette édition 2024 « Sida, crise de financement extérieur : une opportunité pour promouvoir le financement souverain » reflète la volonté du gouvernement de réduire la dépendance vis-à-vis des appuis extérieurs et d’encourager un financement national durable pour la lutte contre le VIH/Sida.
Alors que les financements internationaux connaissent une baisse notable, les autorités maliennes estiment urgent de mobiliser davantage de ressources internes afin de garantir la continuité des soins, l’accès aux traitements antirétroviraux et le maintien des programmes communautaires…
Par Frédéric Konaté

