Monde : La Colombie rompt officiellement ses relations diplomatiques avec l’Iran

Le gouvernement colombien a annoncé la rupture officielle de ses relations diplomatiques avec la République islamique d’Iran, une décision entrée en vigueur le 19 septembre. Cette annonce a été officialisée par le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié jeudi sur les réseaux sociaux .

Selon la chancellerie colombienne, cette décision repose sur les principes guidant la politique étrangère du gouvernement en matière de sécurité nationale et hémisphérique, ainsi que dans la lutte contre la criminalité transnationale . Le gouvernement du président Abelardo de la Espriella, arrivé au pouvoir en août 2026, accuse Téhéran d’entretenir des liens avec des « groupes narco-terroristes » menaçant la sécurité du pays, sans fournir de précisions supplémentaires .

Bogotá cite également plusieurs préoccupations majeures : les violations des droits humains en Iran, le blocage du détroit d’Ormuz, et les entraves aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) concernant le programme nucléaire iranien .

Le CGRI classé « organisation terroriste »

Au-delà de la rupture diplomatique, le gouvernement colombien a officiellement désigné le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste, estimant qu’il représente « un grave danger pour la paix et la sécurité internationales » .

Le communiqué précise toutefois que cette mesure n’implique pas la rupture des relations consulaires, conformément aux dispositions de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques et de celle de 1963 sur les relations consulaires . Les modalités pratiques seront communiquées aux autorités iraniennes par la Direction du protocole du ministère colombien des Affaires étrangères.

Un alignement sur Washington

Cette décision marque un tournant dans la politique étrangère colombienne. Sous la présidence de Gustavo Petro (2022-2026), les contacts bilatéraux avec Téhéran avaient été maintenus. Le nouveau gouvernement de De la Espriella, ouvertement pro-Trump et admiratif du président américain, a entrepris un rapprochement stratégique avec les États-Unis et Israël, notamment en annonçant le rétablissement des relations avec l’État hébreu et l’ouverture d’une ambassade à Jérusalem .

L’ambassadrice d’Israël à Bogotá, Vivian Aisén, a salué cette décision, exprimant l’espoir qu’elle « contribuera à renforcer la sécurité de la population colombienne » .

Par Jérôme Wailifu 

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