Tchad : Opinion libre : « Kelo-Pala-Léré : l’abandon d’un axe stratégique qui freine l’économie et le développement du territoire »
« Une route ne se construit pas avec des promesses, mais avec une volonté politique, des décisions concrètes et un suivi jusqu’à l’achèvement. »
Je ne parle pas de la route Kélo–Pala–Léré parce que je veux simplement parler d’une route. J’en parle parce qu’une route représente une vision du développement. J’en parle parce que derrière chaque kilomètre qui reste à aménager, il y a des producteurs qui rencontrent des difficultés pour transporter leurs marchandises, des commerçants qui supportent des coûts supplémentaires, des familles confrontées à des difficultés de déplacement et des jeunes qui regardent leur territoire avec une interrogation légitime sur son avenir.
Depuis des années, les populations de Kélo, Pala, Léré et des localités environnantes attendent de voir cette ambition routière se concrétiser durablement.
Le projet de l’axe Kélo–Pala–Léré–Frontière Cameroun ne constitue pas uniquement une préoccupation locale. Il s’inscrit dans une perspective plus large de désenclavement, de circulation des personnes et des marchandises et d’intégration économique entre le Tchad et le Cameroun.
Alors, une interrogation demeure : Jusqu’à quand allons-nous nous contenter de parler de cette route sans disposer d’une visibilité suffisamment claire sur son financement, son calendrier de réalisation et son mécanisme de suivi jusqu’à son achèvement ?
Je ne pose pas cette question contre le Gouvernement. Je la pose pour interpeller le Gouvernement. Je ne l’adresse pas contre nos leaders. Je l’adresse à nos leaders, afin que leur influence puisse contribuer à faire avancer concrètement ce dossier au bénéfice des populations.
« Une région ne demande pas un privilège lorsqu’elle réclame une infrastructure stratégique. Elle demande que les infrastructures accompagnent son potentiel économique, social et humain. » Le Mayo-Kebbi Ouest produit, échange, entreprend et participe à la dynamique économique nationale. Mais le développement territorial ne peut être pleinement valorisé lorsque la mobilité des personnes et des marchandises demeure un obstacle. Les infrastructures routières constituent un levier important du désenclavement, du développement économique et de l’intégration sous-régionale.
Alors, faisons de l’axe Kélo–Pala–Léré–Frontière Cameroun un exemple de notre capacité collective à transformer une priorité annoncée en réalisation concrète et durable.
JE LANCE DONC UN APPEL
Au Gouvernement : Que cette question demeure inscrite parmi les priorités concrètes du développement des infrastructures et que les populations puissent disposer d’une visibilité claire sur les différentes étapes du projet.
À nos députés et responsables politiques : Que la question de cette infrastructure soit régulièrement portée dans les espaces institutionnels où se discutent les priorités budgétaires et infrastructurelles.
À nos cadres et leaders : Unissons nos voix autour d’un objectif commun et œuvrons collectivement pour faire progresser ce dossier au bénéfice du territoire et de ses populations.
À la jeunesse : Continuons à documenter, à analyser et à interpeller avec responsabilité. Une jeunesse engagée ne se contente pas d’observer les difficultés de son territoire : elle contribue au débat public et propose des solutions.
La route Kélo–Pala–Léré n’est pas seulement une question de bitume. Elle est aussi une question de mobilité, d’économie, d’intégration et d’avenir territorial.
Politologue et stratège moderne
SOBKIKA Bienvenu


