Monde : Tensions au Moyen-Orient : les vols vers l’Arabie saoudite suspendus après les frappes houthies sur Riyad

 

L’aéroport international de Riyad visé à plusieurs reprises par des missiles et des drones. Au moins 12 morts et plus de 300 blessés. Les principales compagnies eurasiennes suspendent leurs liaisons vers le royaume, fragilisant un peu plus le trafic aérien entre l’Europe et l’Asie.

La situation sécuritaire en Arabie saoudite a conduit plusieurs compagnies aériennes internationales à revoir leurs programmes de vols. En cause : les attaques répétées des rebelles houthis du Yémen contre l’aéroport international King Khalid de Riyad, qui ont fait un lourd bilan humain et poussé les transporteurs à la prudence.

Le groupe allemand Lufthansa a suspendu ses vols vers Riyad jusqu’au 16 octobre, tandis que le groupe Air France-KLM a prolongé la mesure jusqu’à la fin du mois. Etihad Airways a annulé une partie de ses rotations entre Abou Dhabi et Riyad, Djeddah et Dammam du 11 au 13 octobre.

Du côté asiatique, la compagnie indienne IndiGo a repoussé l’annulation de ses vols vers Riyad et Dammam jusqu’au 15 octobre. British Airways, qui devait rouvrir sa ligne vers la capitale saoudienne le 3 novembre, voit ce projet sérieusement compromis par l’évolution de la situation.

L’attaque du 10 octobre constitue l’épisode le plus meurtrier qu’ait connu l’Arabie saoudite depuis plus de dix ans. L’Autorité générale de l’aviation civile saoudienne fait état d’au moins 12 morts et 309 blessés. Les victimes sont de nationalités diverses : Saoudiens, Bangladais, Américains, Égyptiens, Jordaniens, Syriens, Soudanais et Palestiniens.

Les 5 et 7 octobre, les Houthis avaient déjà ciblé l’aéroport King Khalid ainsi que celui d’Abha, dans le sud du pays, faisant six morts et une trentaine de blessés.

Les Houthis brandissent un « dernier avertissement »

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a annoncé sur le réseau social X que son mouvement adressait un « dernier avertissement » aux compagnies aériennes internationales, les invitant à cesser de survoler l’espace aérien saoudien, désormais considéré comme une « zone d’opérations militaires ». Il a toutefois exclu de cet avertissement les vols à destination de La Mecque et de Médine.

Le Wall Street Journal rappelle que l’espace aérien saoudien constituait jusqu’à présent l’un des rares passages relativement sûrs à travers le Moyen-Orient. Depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran en février, la fermeture du corridor irakien avait poussé de nombreuses compagnies à emprunter l’espace saoudien. Désormais classé en zone de danger par plusieurs pays, celui-ci contraint les transporteurs à se rabattre sur des routes alternatives plus étroites, passant par la Géorgie, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan des axes déjà saturés et eux-mêmes exposés.

Cette reconfiguration forcée des itinéraires intervient dans un contexte déjà tendu pour le secteur : le prix du carburant aérien a doublé en un an, et les changements répétés de trajectoires alourdissent les coûts d’exploitation. L’Organisation de l’aviation civile internationale a lancé un appel rare aux États membres, les exhortant à ne pas laisser l’aviation civile devenir une victime collatérale des conflits.

Riposte annoncée et tensions persistantes

La coalition dirigée par Riyad accuse les Houthis de « crimes de guerre » et promet une réponse ferme. Le ministère saoudien de l’Éducation a décrété une semaine d’enseignement à distance dans les écoles de la capitale, et les hôpitaux ont rappelé leurs médecins pour prendre en charge les blessés.

L’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a qualifié l’attaque d’« escalade grave » et en a imputé la responsabilité aux Houthis. Le président américain Donald Trump a jugé la situation « inacceptable », affirmant envisager des mesures contre les rebelles yéménites.

Par Issa Abdou 

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