Tchad : Un drame brise deux familles à Moursal, la colère et les larmes après la mort d’un homme poignardé par son ami

Dans la soirée du lundi, le quartier Moursal, dans le 6e arrondissement de N’Djaména, a été le théâtre d’une tragédie. Une amitié de longue date s’est terminée dans le sang, laissant derrière elle une famille en deuil et un quartier sous tension.

Il y a des soirs où le quartier Moursal ne s’attendait pas à vivre une telle tragédie. Dans la soirée du lundi, ce qui n’était au départ qu’une simple dispute entre deux amis  deux hommes qui se connaissaient, qui se côtoyaient, qui partageaient sans doute des souvenirs communs  a basculé en quelques instants dans l’irréparable.

Selon les témoignages recueillis sur place, la querelle a éclaté sans que personne ne puisse réellement en comprendre l’origine. Les mots se sont envolés, les esprits se sont échauffés, et puis, dans un geste que nul n’a vu venir, l’un des deux hommes a saisi un couteau et a frappé son ami. Mortellement.

« Nous n’avons rien pu faire »

Sur les visages des riverains, la stupeur cède rapidement place à l’incompréhension. « Nous n’avons rien pu faire, c’était trop rapide », confie un témoin, la voix encore tremblante. « Ils étaient amis. Comment en est-on arrivé là ? » Personne, dans ce quartier habituellement paisible, ne semble en mesure de répondre.

L’auteur présumé du meurtre a tenté de fuir, comme pour échapper à l’horreur de son propre geste. Mais il a été rattrapé peu après par les forces de l’ordre, qui l’ont interpellé.

La douleur, pourtant, ne s’est pas arrêtée là. Apprenant la mort de leur proche, des membres de la famille de la victime, submergés par le chagrin et la rage, se sont rués vers le domicile du suspect. Leur intention était claire : mettre le feu à la maison familiale. Une tentative de vengeance portée par une émotion brute, celle d’une famille qui venait de perdre l’un des siens de la manière la plus brutale qui soit.

Face à cette foule en colère, un climat de tension insoutenable a envahi le quartier. Les policiers, conscients du risque d’un nouveau drame, ont été contraints de maintenir une garde statique sur les lieux, formant un rempart fragile entre deux familles désormais brisées.

Car au-delà du geste criminel, c’est bien deux familles qui pleurent aujourd’hui. Celle de la victime, privée d’un père, d’un frère, d’un ami. Et celle du suspect, confrontée à l’horreur de ce qu’a fait l’un des siens, et à la menace d’une vengeance qui ne réparera rien.

Le quartier Moursal, lui, reste sous le choc. Les questions se bousculent, les rumeurs circulent, mais une chose est certaine : dans la soirée de ce lundi, une amitié a coûté la vie à un homme, et plongé tout un quartier dans la tristesse et l’effroi.

L’enquête devra établir les circonstances exactes de ce drame. Mais pour les proches de la victime, aucune réponse ne pourra apaiser la douleur d’avoir perdu un être cher, tué par celui qui était autrefois son ami.

Par Mbaikoula Philippe 

Commentaires Facebook