Niger : la 59e édition de la Cure Salée reportée à fin septembre
C’est un contretemps qui risque de décevoir des milliers de participants : la 59e édition de la Cure Salée, l’un des plus importants rendez-vous pastoraux et culturels du Niger, a officiellement été reportée. Initialement prévue dans les prochains jours à Ingall, dans la région d’Agadez, elle se tiendra finalement du 25 au 27 septembre 2026.
L’information a été confirmée par une correspondance officielle du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, datée de ce jeudi 3 septembre. Dans ce courrier adressé aux gouverneurs des régions d’Agadez et de Tahoua, le ministre explique que ce décalage est rendu nécessaire par des contraintes organisationnelles, notamment en ce qui concerne la mobilisation et la coordination des différents acteurs impliqués dans la préparation de l’événement.
L’objectif affiché par les autorités est clair : « créer les meilleures conditions possibles pour la réussite de cette édition ». Le ministère précise avoir pris en compte, avec « la plus grande attention », les recommandations des autorités régionales qui militaient en faveur du maintien des dates initiales. Il salue par ailleurs les efforts déjà consentis par les deux régions dans les préparatifs, leur adressant ses « remerciements » pour leur engagement et leur disponibilité.
Un événement phare menacé par des défis sécuritaires et logistiques
La Cure Salée est bien plus qu’une simple manifestation culturelle. Chaque année, elle rassemble des éleveurs, des communautés nomades et des visiteurs venus de tout le Niger et de la sous-région, faisant d’Ingall une véritable vitrine de la richesse pastorale sahélienne. Au-delà des réjouissances, ce rendez-vous constitue un espace privilégié d’échanges économiques, de régulation des tensions sociales et de transmission des savoirs ancestraux entre les différentes communautés.
Ce report, bien que tardif, traduit les difficultés persistantes dans l’organisation d’un tel événement dans un contexte sahélien marqué par des défis sécuritaires et logistiques de taille. La zone d’Ingall, située à la lisière du désert, est confrontée à des enjeux d’accès, de ravitaillement et de sécurité qui complexifient chaque année la tenue de la manifestation.
Des acteurs locaux entre compréhension et déception
Si les autorités régionales ont été consultées et ont vu leurs recommandations prises en compte, l’annonce de ce report suscite des réactions contrastées parmi les éleveurs et les commerçants qui avaient déjà engagé des frais pour se rendre à Ingall. Certains redoutent que ce décalage perturbe le calendrier des transhumances, tandis que d’autres, plus pragmatiques, estiment que « mieux vaut une édition bien préparée qu’une édition bâclée ».
Les organisateurs, quant à eux, assurent tout mettre en œuvre pour que cette 59e édition, bien que décalée, soit à la hauteur des attentes. Les dates du 25 au 27 septembre sont désormais inscrites dans les agendas, et les préparatifs vont s’intensifier dans les prochaines semaines.
En attendant, Ingall retient son souffle. La ville, habituée à s’animer chaque année au rythme des danses, des courses de chameaux et des négociations pastorales, devra patienter quelques semaines supplémentaires avant de renouer avec cette tradition millénaire qui fait la fierté du Niger.
Par Cherif Keita

