Nigeria : 329 tonnes de drogues incinérées à Lagos, un coup de semonce contre les narcotrafiquants

C’est une opération de destruction sans précédent qu’a menée l’Agence nationale nigériane de lutte contre les stupéfiants (NDLEA) ce mercredi. Pas moins de 329,8 tonnes de drogues illicites, saisies entre avril 2025 et mai 2026, ont été réduites en cendres sur ordre de la justice fédérale. La valeur marchande de cette cargaison, estimée à 301 milliards de nairas (environ 222 millions de dollars), donne la mesure de l’ampleur du trafic qui sévit dans le pays.

Un inventaire macabre de la dépendance

Cocaïne, héroïne, méthamphétamine, cannabis « Loud » ou « Skunk », éphédrine, tramadol, sirop de codéine et autres opioïdes : le spectre des substances détruites témoigne de la diversité et de la virulence du marché noir nigérian. La majeure partie de cette masse (247 tonnes) a été interceptée par le Commandement stratégique de Lagos, tandis que le reste provient des ports, de l’aéroport international et des unités maritimes de l’agence.

« Chaque kilo est une tragédie humaine »

Pour le Général de Brigade à la retraite Buba Marwa, président de la NDLEA, cette destruction massive est bien plus qu’un acte administratif. « Derrière chaque kilogramme de ces drogues, c’est une tragédie : un jeune dont l’avenir est brisé, une famille déchirée, des communautés terrorisées », a-t-il martelé. L’objectif affiché est double : priver les réseaux criminels de leurs ressources financières et démanteler les filières qui, selon lui, alimentent directement le terrorisme et la criminalité organisée.

Un front commun contre l’« oxygène » des bandits

La cérémonie d’incinération, qui s’est tenue au Centre maritime de la Marine nigériane à Navy Town, a rassemblé les principales autorités du pays. Le Contrôleur général des douanes, Bashir Adeniyi, a renchéri en qualifiant la drogue d’« oxygène » des bandits, ravisseurs et groupes extrémistes violents. Le Gouverneur de l’État de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, a salué une opération qui « rappelle la menace qui pèse sur la jeunesse et les communautés ».

Alors que la NDLEA promet de renforcer ses moyens pour poursuivre ce combat, cette destruction historique envoie un signal clair aux barons de la drogue : leurs jours d’impunité sont comptés. Reste à savoir si ce coup d’éclat suffira à endiguer un trafic qui gangrène l’économie et la sécurité du géant ouest-africain.

Par Rodrigue Izumo 

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