RDC: Ituri : quatre officiers des FARDC jugés pour crimes de guerre à Soleniama
Depuis le lundi 26 octobre, quatre officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) comparaissent devant le Tribunal militaire de garnison de l’Ituri. Le procès, qui se tient en audiences foraines à Soleniama, à une dizaine de kilomètres au nord de Bunia, porte sur des crimes de guerre par meurtre et destruction de biens commis en juin 2025 à Mabanga, dans le territoire de Djugu.
Le dossier est connu sous le nom d’« affaire Likidha ». Il concerne des opérations militaires menées en juin 2025 à Mabanga, dans le territoire de Djugu, contre les miliciens de la CRP. Quatre officiers des FARDC des capitaines et des lieutenants en commandaient les troupes. Ils sont aujourd’hui poursuivis pour crimes de guerre.
Ce que reproche la justice
Selon les éléments présentés lors des débats, ces opérations ont entraîné la mort de plusieurs civils et la destruction de nombreuses habitations, causées par des bombes larguées par les forces armées congolaises. Des enquêtes ont été ouvertes et une équipe militaire s’est rendue sur place pour constater les dégâts, avant que le dossier ne soit transmis au Tribunal militaire de garnison de l’Ituri.
Pourquoi le procès se tient à Soleniama
Les audiences étaient initialement prévues à Iga-Barrière, dans le territoire de Djugu. Mais la présence de miliciens dans la zone et les risques sécuritaires ont conduit les autorités judiciaires à délocaliser le procès à Soleniama.
Selon des sources judiciaires, ce choix vise aussi à rapprocher la justice des communautés affectées, à renforcer la confiance des victimes et à lutter contre l’impunité en Ituri. Les audiences doivent se poursuivre jusqu’au 5 novembre.
L’appui de la MONUSCO
Le procès bénéficie de l’appui technique et financier de la Section d’appui à la justice de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Une manière de garantir la tenue d’un procès équitable dans une région où les défis sécuritaires restent considérables.
Cette affaire s’inscrit dans une série de procès militaires visant à sanctionner les exactions commises par les forces de défense sur le terrain. Elle illustre la volonté des autorités judiciaires de juger les responsables, y compris au sein de l’armée régulière, et d’envoyer un message clair : nul n’est au-dessus de la loi.
Par Jérôme Wailifu

