Monde : Mondial 2026: Atlanta, 85e minute : l’Argentine joue son va-tout et renverse l’Angleterre

 

Menée au score, malmenée, l’Albicéleste a puisé dans ses ressources légendaires pour renverser l’Angleterre en toute fin de match (2-1). Dimanche 19 juillet, elle défiera l’Espagne pour une quatrième étoile.

Atlanta a vibré, l’Argentine a rugi. Ce mardi 15 juillet, dans une demi-finale qui restera gravée dans les mémoires, Lionel Scaloni et ses hommes ont écrit un nouveau chapitre de leur histoire immortelle. Face à une Angleterre qui les a longtemps fait souffrir, les champions du monde en titre ont attendu les derniers instants pour frapper deux fois et s’offrir une 7e finale de Coupe du Monde.

Une première mi-temps de tous les records d’ennui

Les 45 premières minutes furent d’une pauvreté technique affligeante. 19 fautes, zéro tir cadré, des XG faméliques (0,05 pour l’Angleterre, 0,03 pour l’Argentine). Le spectacle était ailleurs : dans les duels, les nerfs, l’intensité. Enzo Fernandez, d’une frappe lointaine, avait pourtant effleuré la lucarne (39e), mais ce fut la seule étincelle d’une mi-temps que les puristes préféreront oublier.

Le coup de massue anglais, puis le réveil du géant

Au retour des vestiaires, le match s’emballa. Jordan Pickford, jusqu’alors spectateur, fut contraint à un premier arrêt sur une frappe vicieuse de Julian Alvarez (47e). Mais contre toute attente, ce furent les Anglais qui frappèrent. À la 55e, Morgan Rogers débordait sur l’aile, centrait parfaitement pour Anthony Gordon, qui surgissait au second poteau pour ouvrir le score. 1-0. Le stade d’Atlanta, climatisé, devenait glacé pour les supporters argentins.

L’Argentine allait-elle mordre la poussière ? Elle avait déjà frôlé l’égalisation à la 58e, mais Djed Spence, d’un tacle somptueux, privait Messi d’un face-à-face avec Pickford. Les Three Lions reculaient, s’enfermaient, invitaient l’Albicéleste à venir. Et elle vint.

Pickford multiplia les parades miraculeuses : une tête de Nico Gonzalez (70e), une reprise d’Alexis Mac Allister que le poteau repoussa (75e). L’Angleterre priait, l’Argentine poussait. Le mur anglais semblait infranchissable. Mais les héros argentins ne lisent pas les scénarios.

La double frappe qui change le destin

85e minute. Un corner joué à deux temps, Messi trouve Enzo Fernandez dans l’axe. Le milieu de Chelsea ajuste une frappe croisée, puissante, imparable. 1-1. Pickford, impérial jusque-là, ne peut que regarder le ballon terminer sa course au fond des filets.

Puis, dans le temps additionnel, la folie. Mac Allister frappe encore le poteau. Les Argentins insistent. Sur l’action suivante, Lautaro Martinez, oublié au second poteau alors que les Anglais étaient en surnombre dans leur surface, reprend de la tête un centre venu de nulle part. 2-1. Le renversement est total, historique.

Messi, passeur de légende

Avec deux nouvelles passes décisives – la 18e et 19e de sa carrière en Coupe du Monde – Lionel Messi a encore prouvé qu’il n’avait pas besoin de marquer pour être décisif. À 39 ans, il disputera sa troisième finale mondiale après 2014 et 2022. Une longévité hors norme pour un joueur qui n’en finit plus d’écrire sa légende.

Les Argentins affronteront l’Espagne, tombeuse de la France, ce dimanche 19 juillet. Une finale inédite qui promet, face à une Roja qui rêve de renouer avec son glorieux passé. Mais en face, il y aura cette Argentine, cette équipe qui ne sait pas mourir, qui renverse tout sur son passage.

Les Anglais, eux, repartent avec les regrets éternels. Ils ont tenu 85 minutes, ils ont dominé tactiquement, ils ont cru. Mais contre l’Argentine, la foi ne suffit pas. Il faut l’éternité.

Par Issa Abdou 

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