Tchad: Entrepreneuriat : « ESSOR », la 2e édition du Mastermind d’Entrepreneurs, veut préparer N’Djamena à l’ère de l’IA
La Bibliothèque nationale de N’Djamena a pris des airs de campus d’affaires, ce samedi 11 avril 2026, à l’occasion du lancement officiel de la 2e édition du Mastermind d’Entrepreneurs « ESSOR ». Porté par le cabinet 3M Consulting, cet événement marque le coup d’envoi d’un programme ambitieux qui entend former une nouvelle génération de leaders capables de conjuguer innovation technologique et responsabilité sociale, dans un contexte marqué par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle.
Placée sous le thème « Entrepreneuriat et innovation à l’ère des intelligences artificielles », cette nouvelle édition a rassemblé de jeunes entrepreneurs, des experts, des partenaires techniques et financiers, ainsi que plusieurs acteurs clés de l’écosystème entrepreneurial tchadien. L’objectif est clair : sortir d’une logique de simple survie économique pour entrer dans une dynamique d’anticipation et de création de valeur durable.
Un espace stratégique pour « sortir de sa zone de confort »
Dans son mot de bienvenue, le président du comité d’organisation, Fadoul Yaya Maouloud, a tenu à dissiper tout malentendu. Ce Mastermind, a-t-il expliqué, ne se résume pas à un simple cadre d’échanges mondains. « C’est un espace stratégique favorisant l’intelligence collective, la collaboration et l’accélération de la réussite », a-t-il martelé, appelant les participants à « sortir de leur zone de confort, partager leurs expériences et transformer les idées en actions concrètes ».
Un discours qui résonne particulièrement au Tchad, où l’écosystème entrepreneurial, bien que dynamique, reste confronté à des défis structurels majeurs : accès limité au financement, faiblesse des infrastructures numériques, et formation encore inadaptée aux métiers de demain. Face à ce constat, « ESSOR » se veut un véritable tremplin de croissance.
« Former une génération d’employeurs, pas seulement d’auto-entrepreneurs »
Le coordonnateur général de 3M Consulting, Moustapha Mahamat Moustapha, a présenté cette initiative comme « une véritable aventure entrepreneuriale ». Pour lui, le programme ne vise pas à former des auto-entrepreneurs par défaut, mais à « propulser une nouvelle génération d’employeurs », capables de créer des emplois et d’impulser des dynamiques économiques locales.
L’accent est mis sur quatre piliers : le leadership, l’éthique, l’innovation et l’impact social. Les participants, sélectionnés sur dossier, bénéficieront d’un encadrement assuré par des experts nationaux et internationaux. L’intelligence artificielle est au cœur des débats, non comme une menace, mais comme un levier de productivité et d’innovation à maîtriser.
Un réseau pour « bâtir des résultats concrets »
Au-delà des discours, l’ambition de « ESSOR » est de bâtir un réseau solide et orienté vers l’action. Les organisateurs insistent sur un point : la réussite du programme repose avant tout sur « l’engagement, la discipline et la capacité d’action des participants ». Des ateliers pratiques, des masterclasses et des séances de mentorat individuel sont prévus dans les semaines à venir.
« Avec cette nouvelle édition, le Mastermind d’Entrepreneurs confirme sa vocation : préparer une génération de bâtisseurs capables de conjuguer innovation technologique et responsabilité sociale, afin de répondre aux défis de demain », soulignent les organisateurs.
Un écosystème en quête de modèles
Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs signaux faibles indiquent une prise de conscience collective au Tchad. Récemment, l’Incubateur AgroBusiness a promu l’entrepreneuriat auprès des jeunes aspirants, tandis que le Gala Top 100 Tchad 2026 a distingué 100 entreprises performantes. Le pays cherche ses champions, et des programmes comme « ESSOR » espèrent en être le terreau.
Reste un défi de taille : transformer l’enthousiasme du lancement en résultats tangibles. Pour l’heure, la Bibliothèque nationale a joué son rôle de catalyseur. C’est désormais aux entrepreneurs de prouver qu’ils peuvent, à l’ère de l’IA, écrire un nouveau chapitre de l’économie tchadienne.
Par Kenzo Brown

