Tchad : Oum-Hadjer : plusieurs millions de FCFA de produits périmés incinérés

 

Ce matin, dans la localité d’Oum-Hadjer, une opération d’incinération de grande envergure a eu lieu. Présidée par le préfet du département du Batha-Est, Nadjilem Francis, la destruction de denrées impropres à la consommation, estimées à plusieurs millions de francs CFA, a mobilisé les autorités locales, civiles et militaires. Objectif : protéger la santé des populations et envoyer un signal fort aux commerçants véreux.

Un nuage de fumée épaisse s’est élevé ce samedi 23 Mai  aux abords de la ville d’Oum-Hadjer, précisément sur la route menant vers Mangalmé, à quelques kilomètres de la sortie sud. Ce n’était pas un simple incendie, mais une opération délibérée de salubrité publique : l’incinération de produits périmés saisis dans la ville et ses environs.

Présidée par le préfet du Batha-Est, Nadjilem Francis, la cérémonie a réuni un large éventail d’autorités : administratives, civiles, militaires, ainsi que des représentants de la Chambre consulaire départementale. Tous étaient venus assister à la destruction d’une marchandise dangereuse, soigneusement collectée ces dernières semaines.

C’est la maire adjointe de la commune d’Oum-Hadjer, Fatimé Adoum Kebir, qui a expliqué le processus ayant mené à cette opération. Selon elle, des équipes de contrôle ont parcouru les marchés, les dépôts et les boutiques de la ville et des zones périphériques pour traquer les produits impropres à la consommation.

Bilan de cette traque : des quantités impressionnantes de denrées – conserves, lait, farine, huiles, boissons – dont la valeur marchande atteint plusieurs millions de francs CFA. Une somme qui donne à réfléchir sur l’ampleur du phénomène et les risques encourus par les populations.

Le médecin met en garde

Au nom du Médecin-chef du district sanitaire d’Oum-Hadjer, le Dr Ndigali Payouni Narcisse a pris la parole pour alerter sur les dangers sanitaires et environnementaux liés aux produits périmés.

« Consommer ces aliments, c’est jouer à la roulette russe avec sa santé. Intoxications, maladies digestives graves, atteintes chroniques des organes : les risques sont réels et immédiats », a-t-il souligné. Il a également évoqué les conséquences écologiques de l’abandon sauvage de ces déchets toxiques.

Le médecin en a profité pour lancer un appel aux consommateurs : « Soyez vigilants. Un produit trop bon marché doit vous alerter. Vérifiez les dates. N’achetez pas n’importe quoi, n’importe où. »

Le préfet : « C’est un combat de tous les instants »

Prenant la parole pour clore la cérémonie, le préfet Nadjilem Francis n’a pas caché sa satisfaction devant le déroulement de l’opération. Il a félicité chaleureusement la commune d’Oum-Hadjer et les services techniques pour leur engagement sans faille.

« Ce que vous voyez partir en fumée aujourd’hui, ce sont des menaces pour la vie de nos familles, de nos enfants, de nos parents. Les brûler, c’est les neutraliser. C’est protéger notre peuple », a-t-il déclaré.

Le préfet a tenu à rappeler que cette lutte contre les produits périmés s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités du pays, sous la conduite du Président Mahamat Idriss Déby Itno. « La protection de la santé publique et la promotion d’une alimentation saine ne sont pas des options. Ce sont des priorités républicaines », a-t-il martelé.

Il a également promis que les contrevenants seront poursuivis et sévèrement sanctionnés. « Nous ne laisserons personne empoisonner nos concitoyens pour quelques billets », a-t-il ajouté sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Des opérations renforcées dans les prochains jours

Les autorités ne comptent pas en rester là. Selon l’annonce faite en marge de la cérémonie, d’autres opérations similaires seront organisées dans les jours à venir, dans tout le département du Batha-Est.

L’objectif : intensifier les contrôles, démanteler les réseaux de distribution de produits périmés et sensibiliser commerçants et consommateurs. « Chaque commerçant doit comprendre que la santé publique prime sur le profit. Ceux qui ne comprendront pas paieront le prix fort », a prévenu un responsable de la Chambre consulaire.

Une alerte pour toute la région

Au-delà d’Oum-Hadjer, c’est tout le Tchad rural qui est confronté à ce fléau : des produits impropres à la consommation, souvent en provenance de pays voisins ou de stocks invendus, écoulés à bas prix dans les marchés locaux. Les populations, parfois démunies et peu informées, deviennent des victimes consentantes – ou ignorantes – de ce dangereux trafic.

Aujourd’hui, Oum-Hadjer donne l’exemple. La fumée s’est dissipée, mais le message, lui, reste en suspens dans l’air : la santé des Tchadiens ne se négocie pas.

Par Issa Abdou 

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